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AVENUE DES JEUX
LOGISTIQUE POUR JOUETS

Revue PME - n°22 - JUIN - JUILLET - AOUT 2005

Créée en été 2004, Avenue des Jeux propose plus de 2000 références. Son objectif : devenirun boulevard dans le secteur du jouet en ligne et creuser des tas de petites ruelles adjacentes pour les passionnés du genre.


Quel est le point commun entre un disque dur et un cheval à bascule ? Les deux se vendent sur internet. Et la différence ? «Le jouet est un secteur beaucoup plus sympathique que l’informatique», estime Eric Lathière-Lavergne, reconverti dans la vente en ligne de jouets après celle, pendant cinq ans, de matériel informatique : «c’est la naissance de mon fils, en juin 2003, qui m’a sensibilisé à cet univers». Aujourd’hui gérant de Avenue des jeux.com, il commercialise des peluches, des quilles et des tipis, des 1 000 bornes, des châteaux forts ou encore des «petites marchandes»... Plus de 2 000 références couvrent ainsi toute la gamme de 0 à 12 ans… et plus encore, avec de nombreux produits pour adultes, allant d’un puzzle Van Gogh à une spécialité vinicole.
«Je n’aime pas le commerce traditionnel. Ce qui me plait, c’est le commerce sur internet. Mais j’ai tiré l’enseignement de ma précédente expérience !», avoue le jeune chef d’entreprise de 34 ans, refroidi par l’échec de son ancienne société. «La concurrence était frénétique et nous ne dégagions pas de marge. Ce n’était pas évident de voir le chiffre d’affaires doubler sans gagner de l’argent pour autant». En 2003, Eric Lathière-Lavergne s’est donc décidé à changer de secteur : «L’un de mes amis est l’un des plus anciens fabricants français de jeux et jouets en bois. Je suis parti de son catalogue et je l’ai étoffé avec d’autres marques». Au moment de sa mise en ligne en juillet 2004, le site www.avenuedesjeux.com avait ainsi en stock 1500 références.


Eric LATHIERE-LAVERGNE


Un business-plan solide

Avant de se lancer dans cette nouvelle aventure, le patron a pris la précaution, cette fois, de s’entourer de neuf associés (voir encadré). «Je pouvais partir seul mais j’ai préféré réunir, parmi mes amis et mes relations professionnelles, des personnes aux compétences différentes et complémentaires. Pour des questions de comptabilité, j’appelle un banquier, pour un problème informatique, je contacte un informaticien, pour le choix d’un nouveau produit, je suis les conseils de spécialistes…» Sans aucun emprunt bancaire, leurs apports financiers respectifs ont constitué un capital de départ de 70 000 e.
«Créer une entreprise n’est pas compliqué. Il faut juste être rigoureux», commente le gérant en insistant sur la «solidité» de son business-plan. Lequel lui a valu d’obtenir du Conseil Régional de Loire-Atlantique une PRCE (Prime Régionale pour la Création d’Emploi) de 10 500 e. Son dossier a également été sélectionné par la pépinière Rezé Créatic, près de Nantes, où la société dispose d’un espace de 100 m2, essentiellement dédiés au stockage des jouets. «Nous sommes une entreprise de logistique, rappelle Eric Lathière-Lavergne. Au bout de trois mois, nous avions au moins un client dans chacun des 96 départements français !».


Le rush de noël

En décembre, les ventes ont carrément explosé (une centaine de commandes quotidiennes, contre trente en moyenne en temps normal). «Grâce à Noël, le prévisionnel a été dépassé de presque 20%», se félicite le gérant. Après avoir clôs le premier exercice, en juin, avec un chiffre d’affaires de 200 000 e, il espère atteindre un million d’e, et la rentabilité avec, dès le second. «Eveils et Jeux n’ont qu’à bien se tenir !», prévient-il en plaisantant, conscient, toutefois, d’en «être encore au stade du bidouillage» par rapport au leader du marché. «Nous n'avons pas, comme eux, la puissance d'un groupe comme Pinault-Printemps-Redoute derrière nous. Ils font même fabriquer certains de leurs jouets. Mais nous nous positionnons aussi sur des produits de qualité : pas de barbies ni les cochonneries en plastique des grandes enseignes». Parmi les 80 marques représentées : Kaloo, Brio, Haba, Vilac, Playmobil, Fisherprice, Nathan, Meccano...


L'objectif de la petite équipe : «devenir une référence du jouet sur le net». Toute la publicité se fait d'ailleurs sur la Toile : «C'est un gros budget mais, quand j'investis un euro, je ramène au minimum le double, voir le triple en marge brute». Une rue des puzzles, riche de 500 modèles, a été mise en ligne en mars. Celle des échecs devrait suivre bientôt : «nous voulons toucher des communautés de passionnés, qui n'achèteront rien d'autre». Se développer, d'accord, mais pas à n’importe quel prix. «Le but n’est pas de créer pour créer, ou pour faire simplement du bénéfice. Nous voulons un développement raisonnable, avec une gestion humaine du personnel». Aidé par une intérimaire depuis le rush de noël, Eric Lathière-Lavergne s’est engagé, en contrepartie de la PRCE, à embaucher sept personnes en trois ans. Déjà, il se prépare au rush des prochaînes fêtes de fin d'année.

Quinze à la dizaine


Ils sont dix, parisiens pour la plupart et nantais pour les autres, ont entre 29 et 57 ans et ont, au total, 15 enfants âgés de 14 mois à 18 ans. «C’est ce qui nous réunit. Moi même, j’ai été sensibilisé à cet univers lorsque mon fils est né, en juin 2003», raconte Eric Lathière-Lavergne. Ses associés, il les a choisis en fonction de leurs compétences. Parmi eux : deux chefs d’entreprises «rentables !» (l’un dirige une agence d’intérim, l’autre, qui est l’un de ses anciens fournisseurs, une société informatique), un ami instituteur («ses conseils sont utiles pour les jeux pédagogiques»), une architecte passionnée de jeux de société, deux ingénieurs informaticiens, deux banquiers, dont son père, et la femme du fondateur, responsable en ressources humaines. Aucun ne détient plus de 15% du capital. Quant au gérant, il en possède 40% avec les deux membres de sa famille.

 

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