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ENTREPRENDRE
DANS LE GRAND SUD-OUEST
BORDEAUX OU TOULOUSE
Revue PME - n°22 - JUIN - JUILLET - AOUT 2005
Le
grand Sud-Ouest profite aujourd’hui du déplacement de la
population française vers le Sud du pays. Certaines municipalités
ont contribué activement au développement de leur ville
et ont renforcé leur attractivité, tant sur le plan économique
que de la qualité de vie. Un sondage publié le 27 janvier
2005 par le magazine Le Point, confirme cette tendance. Tout de suite
après Lyon qui vient en tête du palmarès des villes
françaises où il fait bon vivre, Toulouse se voit adjugée
la seconde place (alors qu’elle était huitième lors
d’une précédente enquête), et Bordeaux s’envole
de la vingt septième place à la troisième.
«La capitale mondiale du vin» et «l’emblème
de l’industrie aérospatiale européenne» sont
les deux clichés un peu trop facilement apposés sur Bordeaux
et Toulouse. Aujourd’hui, la capitale de la Gironde déploie
un pôle européen de hautes technologies en développant,
entre autres, le laser Mégajoule alors que Toulouse s’investit
aussi dans des domaines comme l'électronique ou les industries
de la santé, l'agro-alimentaire, les services stratégiques
ou les technologies de l'information.
BORDEAUX AU-DELÀ DE SES VIGNOBLES
!
DEMOGRAPHIE
230 000 habitants. La communauté urbaine de Bordeaux (CUB) compte
27 communes et 660 000 habitants.
EMPLOI
150 000 emplois, dont 91 000 emplois salariés en 2004 (+ 12,7 %
d’emplois créés en Aquitaine en 4 ans)
ECONOMIE
Bordeaux s’ouvre naturellement sur l’Atlantique, avec 6 terminaux
portuaires qui ont assis le destin marchand historique de la ville, et
dont témoigne un exceptionnel patrimoine immobilier du 18ème
siècle, constitué à l’époque où
les échanges maritimes ont favorisé son développement
et consolidé sa richesse. De plus, Bordeaux est aujourd’hui
desservi par un réseau autoroutier et ferroviaire qui la relie
à Bruxelles via Paris, à Barcelone via Toulouse et à
Genève via Lyon. La municipalité travaille activement à
résoudre les problèmes de circulation et de stationnement,
notamment avec la construction d’un tramway dont les différentes
phases de travaux qui s’étendront jusqu’en 2007 générent
1 500 emplois. La ville, fière de son climat proche de celui de
la Californie du Nord s’appuie sur des projets d’envergure,
notamment le Grand Projet de Ville (GPV) pour dynamiser l’agglomération
dans son entier. 73 000 étudiants, avec une augmentation de 30%
sur les cinq dernières années, fréquentent Universités
et Grandes Ecoles. La croissance démographique atteint un taux
de 6,2% par an et 40% des populations nouvelles qui viennent s’installer
ont entre 24 et 40 ans. La vie culturelle y est riche, et on dénombre
pas moins de 500 000 touristes par an et un million de visiteurs dans
les différents Salons ou Congrès. Forte de ses nombreux
atouts, la ville peut s’enorgueillir d’un retour en force
des investisseurs. Tous ces éléments contribuent à
dépoussiérer l’image de marque d’une ville perçue
parfois comme frileuse et repliée sur elle-même. La Communauté
Urbaine de Bordeaux (CUB) estime que d’ici à 2010, l’agglomération
qui compte aujourd’hui 660 091 habitants, devrait s’enrichir
de 100 000 habitants supplémentaires. Et le Financial Times a placé
Bordeaux et la Gironde au premier rang de son classement «Région
européenne du futur 2004-2005» pour l’Europe de l’Ouest.
ENTREPRENDRE
L’Aquitaine présente un taux de création d’entreprises
de 8,9% en moyenne par an (entre 1991 et 2001), qui la place encore aujourd’hui
dans le peloton de tête des 4 premières régions françaises.
L’industrie compte 1 300 établissements qui assurent 9% de
l’emploi bordelais. Les secteurs les plus dynamiques sont le commerce
et les sociétés de services aux entreprises (50% du total
des créations pour ces derniers). 3 985 entreprises ont été
créées sur la CUB en 2003.
En novembre 2003, une enquête du magazine l’Entreprise décernait
à la métropole bordelaise le statut de l’agglomération
de plus de 150 000 habitants la plus attractive pour les entrepreneurs
et investisseurs.
ACCOMPAGNEMENT
La CUB constitue le principal moteur de la dynamique économique
locale, notamment avec plus de 1 milliard d’e investis en 3 ans.
L’accueil et l’accompagnement des futurs créateurs
sont assurés par le BRA (agence de développement économique
Bordeaux-Gironde), la Chambre de Commerce et d’Industrie, la Chambre
des Métiers et des chefs d’entreprise de l’agglomération
bordelaise, une vingtaine de clubs d’entreprise et de nombreuses
associations professionnelles.
INITIATIVES
Des dispositifs d’exonération pour les entreprises de moins
de 50 salariés sont effectifs dans les 44 zones franches urbaines
de l’agglomération. Les 4 hôtels d’entreprise
sont aujourd’hui complets. Le projet de revitalisation urbaine en
cours jusqu’à 2006, bénéficie d’un budget
de 106 millions d’e. Il permettra de remodeler le visage de la ville,
par un rééquilibrage vers sa rive droite, une re-dynamisation
du tissu urbain et la mise en valeur des berges du fleuve. Autant de réalisations
dont profiteront les candidats à la création de commerces
ou d’entreprises.
IMMOBILIER
A la location, le prix moyen du mètre carré annuel commercial
s’élève à environ 991 € dans l’hyper
centre de la ville, soit les quartiers Sainte-Catherine, Clémenceau,
Gambetta ou Saint-Cristoly. Les futurs commerçants peuvent trouver
relativement facilement des locaux disponibles.
Christophe Lys
- 37 ans - Gérant de l’enseigne «Le Monde intérieur»
«JE TRAVAILLE TOUJOURS 7 JOURS SUR 7…» |
Pourquoi
Bordeaux ?
En 2002, un ami et moi souhaitions créer un magasin de décoration.
Mon frère, qui vit en Inde du Sud, voulait importer du mobilier
et des objets de cette région. Nous désirions faire
du commerce équitable, en donnant aux artisans locaux la
possibilité de créer tout en s’adaptant au marché
occidental. J’ai décidé de m’installer
à Bordeaux, ma ville natale, alors en plein essor. Nos marchandises
arrivant par containers au port de Bordeaux, cela s’est avéré
source d’économies pour le transport.
Comment avez-vous monté votre projet ?
Je travaillais auparavant dans une société d’études
de marché, ce qui a facilité notre démarche.
Après un an d’élaboration, j’ai créé
une SARL avec un capital de 7 500 €. A quatre associés,
nous ne disposions que de 30 000 en fonds propres et nous nous sommes
investis à fonds dans le projet. Je travaille toujours 7
jours sur 7, avec une passion qui ne faiblit pas. Nous louons un
local historique original qui attire à l’intérieur
le tiers des passants de la rue. Nous emballons les achats des clients
dans des sacs en papier recyclé à notre nom, luxueux
et réutilisables. C’est notre publicité ambulante
!
Avez-vous atteint vos objectifs ?
Largement et bien au-delà. Fin 2004, nous avons multiplié
notre chiffre d’affaires par 2,5, même si je n’ai
eu mon premier salaire qu’en juin 2003. Nous sommes aujourd’hui
4 salariés en France et 2 en Inde. Nos premiers prix, des
photophores à 0,90 € se vendent par centaines et nous
proposons des objets raffinés à petits prix. J’importe
des antiquités, encore rares en France que nous allons désormais
vendre dans un second point de vente avec parking privatif, dans
un quartier de clientèle à fort pouvoir d’achat.
Notre site Internet attire des clients bien au-delà de la
ville, qui viennent ensuite nous voir, parfois de très loin.
Les banques, d’abord réticentes, nous suivent désormais
pour créer une activité d’importateurs distributeurs
pour d’autres magasins hors de la Gironde, que nous nous réservons.
Une styliste est en train de développer une gamme de vêtements
sur la base de pièces uniques à prix raisonnables.
Nous partageons tous les mêmes valeurs et apprécions
de participer à la qualité de vie des artisans indiens
qui travaillent pour nous.
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TOULOUSE VOIT LA VIE EN ROSE
!
DEMOGRAPHIE
Avec plus de 651 209 habitants, en progression de 10% depuis 1999, l'agglomération
toulousaine compte parmi les toutes premières métropoles
de l'Europe du Sud et affiche la croissance démographique la plus
dynamique de France. La ville elle-même compte 426 700 habitants.
Une analyse prospective, rapportée par La Dépêche
du Midi, indique une croissance de 320 000 habitants de la population
de l'aire urbaine toulousaine (342 communes), d’ici à 20
ans.
EMPLOI
Plus de 400 500 emplois dans l’aire urbaine dont 90% sur Toulouse
et sa banlieue avec une prédominance des emplois tertiaires, services
en ville (69%) et commerces en banlieue. En septembre 2004, le taux de
chômage était de 10,8% en Haute-Garonne (légèrement
supérieur au taux français).
ECONOMIE
En quelques années, Toulouse s'est forgée une image de ville
dynamique. L'aéronautique, le spatial, l'électronique, l'informatique,
les biotechnologies sont les mots-clefs qui permettent à la cité
d'être reconnue au plan économique. Le 18 janvier dernier
la présentation du nouvel Airbus, l’A380, a mis en lumière
la dimension européenne et internationale du pôle industriel
aéronautique de Midi-Pyrénées. Avec plus du quart
des effectifs aéronautiques et spatiaux français, le siège
social d’Airbus et la présence de la plupart des décideurs
mondiaux, plus de 570 établissements, 50 000 emplois directs, un
dispositif unique de recherche et de formation, l’aéronautique
et le spatial constituent pour la région Midi-Pyrénées
un défi et un enjeu déterminant. Renforçant ainsi
cette voie, le premier lycée public de l’aéronautique
en France a été inauguré à la rentrée
2004 à Toulouse-Blagnac. Première université de province,
plus de 110 000 étudiants fréquentent les 3 universités
et les 14 grandes écoles de la ville. Les néo-toulousains
qui ont profondément modifié le profil sociologique de la
ville sont aujourd'hui aussi bien originaires de la région parisienne,
de Bretagne ou d'Alsace qu'issus du Surrey, de Toscane ou de Bavière.
ENTREPRENDRE
En 2003, La CCI a enregistré 3 922 créations pures d’entreprises
et 1 211 reprises. Dans le même temps, 4 045 cessaient leur activité.
Pour la seule activité de commerce, le taux de survie de 1999 à
2003 a été de 52,2%. Le poids croissant des secteurs des
services tend à se renforcer et conforte une vision optimiste de
leurs dirigeants. Le commerce prévoit aussi une augmentation de
ses effectifs salariés et affiche un certain optimisme. En juillet
2004, 12 704 commerces étaient inscrits à la Chambre de
Commerce de Toulouse et employaient 57 217 salariés.
ACCOMPAGNEMENT
Mise en place en mai 96 au niveau départemental par la Chambre
de Commerce et d’Industrie de Toulouse, la structure «Entreprendre
en Haute-Garonne» repose sur un vaste réseau qui accompagne
dans les meilleures conditions les porteurs de projet, avant, pendant
et après la phase de création. De plus, «Haute-Garonne
Initiative» est une Plate-Forme d'Initiative Locale, qui représente
un outil financier nécessaire et complémentaire aux actions
de l'Espace Entreprendre de la CCIT. Elle a été créée
dans le but d'offrir un appui supplémentaire au développement
des jeunes entreprises.
INITIATIVES
Commencée il y a une trentaine de mois, la construction de la ligne
B du métro sera achevée dans un peu plus de deux ans et
demi. Cet immense chantier urbain est le plus grand de France à
l’heure actuelle. Le métro va permettre à la population
de mieux vivre la ville, en facilitant considérablement les déplacements
vers le centre, comme vers la périphérie. La restructuration
de la Place Occitane libérera une superficie proche de 12 000 m2,
qui sera divisée en cinquante boutiques et cinq moyennes-surfaces.
Avec sa commission Prospective et Développement Economique, le
Grand Toulouse est l’interlocuteur des acteurs économiques.
La communauté d’agglomérations du Grand Toulouse (25
communes) gère les zones d’activités économiques
existantes d’une superficie supérieure à 30 hectares
: Basso Cambo, Montaudran, Les Ramassiers, Ecopole, etc... (www.grandtoulouse.org).
Créée en 2004, la Zone Franche Urbaine de Toulouse (ZFU)
occupe une surface de 600 hectares et permettra la création de
2 500 emplois sur 5 ans.
IMMOBILIER
A la location, le prix moyen annuel du mètre carré commercial
s’élève à environ 690 € dans l’hyper
centre de la ville, soit la rue Alsace- Lorraine, l’équivalent
des Champs-Elysées Parisiens. Les futurs commerçants peuvent
trouver relativement facilement des locaux disponibles avec droit au bail,
et beaucoup moins facilement en location pure.
Philippe Rousseau
: EURL Dallages de France
« J’AI CHARRIÉ 250 TONNES DE MATERIAUX A LA PELLE…
» |
Pourquoi
Toulouse ?
Je
vivais au Vénézuela avec ma femme, où je faisais
de l’import-export de mobilier. Après le coup d’État,
nous avons tout perdu et nous sommes revenus en France avec…
une valise chacun ! En cherchant les villes françaises les
plus prometteuses économiquement, Toulouse m’a semblé
l’un des meilleurs choix : l’agglomération reçoit
120 000 nouveaux habitants par an ! Tout en étant salarié
pour assurer le quotidien, je souhaitais créer mon entreprise.
J’ai pensé à une expérience de ma jeunesse
en restauration archéologique, où j’ai appris
à fabriquer de la véritable pierre reconstituée
(contrairement à d’autres produits mélangés
à du béton), pour des dallages intérieurs et
extérieurs.
Comment avez-vous monté votre projet ?
J’ai défini mon produit et l’ai fait breveter.
J’ai procédé à une étude de marché
et établi mon business-plan. En 2002, Haute-Garonne Initiative
m’a accordé un prêt d’honneur de 4000 €
et la Banque Populaire un prêt de 14000 €. J’ai
loué un local dans le nord de Toulouse (là où
la ville peut encore s’étendre) et j’ai débuté
la fabrication des moules en polyester et des dalles. La première
année j’ai charrié 250 tonnes de matériau
à la pelle ! Il s’agit d’une fabrication artisanale
car chaque dalle est vérifiée. L’EURL emploie
3 salariés.
Avez-vous atteint vos objectifs ?
Le premier exercice affichait un CA de 47 000 € et 26 000 €
de pertes. Le CA est passé à 250 000 € l’année
suivante. Pour en arriver là, j’ai serré la
vis sur tous les services : pas de livraison, pas de pose. Les particuliers
peuvent acheter sur place, ce qui me permet d’afficher un
prix moyen de 21 € le m2. Par un revendeur, cela leur coûterait
le double. Le client règle 50% à la commande, 50%
à l’enlèvement, je n’ai pas d’impayés
ni de délais. Tout le monde s’y retrouve. Je décline
3 produits en plusieurs couleurs. Je vais installer deux locaux
de vente à Montpellier et à Bordeaux, ce qui signifie
4 embauches. Pas plus, pour limiter les coûts salariaux. Un
développement possible serait vers une franchise de fabrication.
Ma femme suit des stages à la Chambre des Métiers
pour m’aider en gestion et nous allons faire construire notre
maison. A 44 ans, tout en faisant un métier que j’adore,
je regarde enfin l’avenir avec sérénité
!
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Sommaire numéro n°22
Sommaire
Dossier SAGAS
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