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CONCEPT
PEOPLE & BABY - Crèche business
Revue PME - n°22 - JUIN - JUILLET - AOUT 2005
Face à la pénurie de places en
crèche publique, les structures privées deviennent à
la mode. Dernière tendance : la crèche d’entreprise.
Thomas Fabius, gérant de People & baby, s’est engouffré
avec enthousiasme dans ce créneau d’avenir.
Des directrices assiégées, des listes d’attente interminables,
une course au piston permanente… ce n’est un secret pour personne
: les places en crèche sont rares. En France, à peine 9%
des parents y ont accès. Dépassés par l’ampleur
de la pénurie, les pouvoirs publics ne peuvent qu’encourager
les modes de garde alternatifs. «La crèche d’entreprise
est un petit grain de bonheur dans un monde de dureté», argumente
Thomas Fabius (le fils de Laurent) avec conviction. Sa société,
People and Baby, propose aux entreprises et aux zones industrielles des
solutions «clés-en main».
Car ne s’improvise pas créateur ou gestionnaire de crèche
qui veut. «C’est un amas de tracas !», prévient
ce jeune patron de 23 ans. «Entre les formalités administratives,
les normes en matière d’hygiène, de sécurité
ou d’encadrement, les problèmes de responsabilité,
monter une structure privée peut même être une vraie
galère». De quoi rebuter les patrons, soucieux de bichonner
leurs collaborateurs mais pas à n’importe quel prix. L’équipe
de People & Baby se charge donc de tout : l’étude de
faisabilité, la recherche , la construction ou l’aménagement
d’un local, l’obtention des subventions, le recrutement du
personnel… jusqu’à la gestion quotidienne du lieu et
des risques inhérents à l’activité.
Ce métier tout neuf, pour lequel Thomas Fabius fait encore figure
de pionnier, est né du «plan crèches», lancé
par le gouvernement le 1er janvier 2004. Soit un programme de 200 millions
d’e, prévoyant, entre autres, la création de 20 000
nouvelles places, en autorisant, notamment, l’ouverture de structures
privées sous contrat, dont les normes sont celles appliquées
dans le public. Et ce avec subvention à la clé (voir encadré).
Pour les employeurs, l’occasion est belle de satisfaire les salariés
à moindre coût. «L’entreprise a besoin de s’appuyer
sur des collaborateurs efficaces, fidèles et disponibles. Elle
doit leur offrir les moyens d’améliorer leur productivité
et leur performance, de reprendre le travail sereinement après
un congé maternité ou un congé parental, de diminuer
l’absentéisme, les retards et le turnover», vante la
brochure de People & Baby.
| Que dit la
loi ? |
Depuis janvier 2004, la loi de
finances permet aux entreprises et aux municipalités qui
hébergent une crèche privée de bénéficier
d’un crédit d’impôt. Si l’on ajoute
les subventions des caisses d’allocations familiales et des
Conseils Généraux, la réduction peut atteindre
80% du montant de la création et 60% de celui du fonctionnement.
De quoi rendre la charge supportable aux employeurs : la création
d’un berceau représente un investissement de 6 000
à 15 000 e, auquel il faut ajouter un coût de fonctionnement
annuel de |
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Un gâteau de 3 milliards d’€
Venu de l’événementiel, Thomas Fabius voulait réaliser
un projet «avec une plus-value sociale».Début 2004,
il s’est donc associé avec un chef d’entreprise, Christophe
Durieux, et Odile Broglin, une puéricultrice qui gérait
200 berceaux à l’hôpital Georges-Pompidou. Depuis,
ils ont vendu une bonne vingtaine d’études de faisabilité,
pour des crèches «mono» ou «multi» entreprises.
Les clients ? «Un groupe pétrolier, une société
dans l’industrie automobile, un organe de presse…» :
discret, le directeur associé n’en dira pas plus. Mais c’est
assez pour juger de la taille du gâteau, «un marché
potentiel de trois milliards d’e», selon Thomas Fabius, qui
n’est pas le seul gourmand.
Une formule multi-accueil
Car très vite, les sociétés qui proposent le service
clés-en-main (Crèche Attitude, Crèches et Compagnie,
Bébé Biz’, Crèche Logik, Les Petits Chaperons
Rouges, La Ronde des Crèches ou encore Créa Crèche
Conseil pour les structures inter-entreprises…) ont fleuri. A charge
pour elles de rattraper le retard de la France, qui fait figure, avec
une vingtaine de crèches d’entreprises pour 2,8 millions
d’entreprises, de cancre européen. Mais il faudra encore
patienter avant de rattraper les champions scandinaves, hollandais ou
espagnols : «pour l’ouverture d’une crèche, il
faut dix mois en moyenne à partir de l’étude, et dix-huit
s’il faut construire le local», explique Thomas Fabius, qui
planche actuellement sur la mise en œuvre de trois projets. Le premier
devrait aboutir en novembre prochain.
Pourquoi un si faible taux de concrétisation ? «L’une
des principales limites est la capacité d’accueil d’une
crèche, qui ne peut pas dépasser 60 places. Chez un gros
employeur, le quota est vite atteint», rappelle l’entrepreneur.
A l’inverse, tous les salariés d’une société
«testée», même de taille importante, ne sont
pas forcément intéressés par ce mode de garde. C’est
pourquoi Thomas Fabius travaille particulièrement sur les crèches
multi-accueil, mixant un accueil à l’année et un accueil
ponctuel, de type halte-garderie. «Cette formule permet aussi de
bénéficier de toutes les subventions existantes»,
souligne-t-il.
A défaut de pouvoir se salarier, les trois associés paient
aujourd’hui leurs huit colla-borateurs grâce à l’activité
conseil - à raison de deux ou trois études chaque mois,
facturées entre 10 000 et 15 000 e chacune. «Nous espérons
gagner de l’argent dès 2007-2008». Optimiste, Thomas
Fabius a néanmoins conscience que ces prévisions dépendront
largement de leur compétence à gérer une crèche
au quotidien. Réponse cet hiver.
| De la plonge
aux biberons |
Bachelier à 16 ans, Thomas
Fabius, à la différence de son énarque de père,
ne s’est pas éternisé dans les études.
Après deux années de prépa HEC, c’est
au Club Med qu’il a atterri. Le temps pour le G.O. (gentil
organisateur) de trouver un poste chez Accor. Pendant trois ans,
Thomas Fabius a ainsi exercé tous les métiers de l’hôtellerie
: plonge, réception, services d’étage, et…
direction en tant qu’adjoint du Novotel de Bagnolet, le plus
grand d’Europe. Avant de créer People & Baby, il
travaillait pour MarketPlace, une agence du groupe spécialisée
dans l’événementiel. |
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Sommaire numéro n°22
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Dossier SAGAS
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