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1 - Evaluer votre entreprise
2 - Connaître les objectifs des repreneurs
3 - Mettre les repreneurs en concurrence
4 - L'audit
5 - La fiscalité de la cession
6 - Les partenaires incontournables
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ENQUETE
REPRENDRE, ÇA S’APPREND
«Nul vent n’est favorable à celui qui ne sait où
il va»
Sénèque
Revue PME - n°23 - SEPT - OCT - NOV 2005
Après 20 à 30 ans de salariat,
d’anciens cadres choisissent de rebondir en reprenant une entreprise.
Exercice délicat, la reprise ne s’improvise pas. Mieux vaut
apprendre à reprendre et s’entourer pour réussir.
Francis
Bontemps a quasiment tout quitté pour sortir d’une interminable
période de chômage : sa région, son appartement, sa
famille. Pour ce Lyonnais de 53 ans, ex-responsable financier licencié
en avril 2003, ce n'était pas un sacrifice, mais un impératif.
«Après avoir été salarié toute ma vie,
j'avais envie d’être mon propre patron et de créer
mais surtout de reprendre une entreprise», expose-t-il. Installé
à Limonest (Rhône), Francis cherche autour de Lyon. Il est
vite déçu : toutes les entreprises à reprendre sont
bien trop importantes pour son budget. C'est finalement dans la banlieue
industrielle de Lille qu'il trouve une affaire dans ses moyens : une entreprise
spécialisée dans l’agencement des CHR. Pour financer
son projet et convaincre les banques, il vend son appartement et son chalet
à la montagne. «J'ai investi tout ce que j'avais pour reprendre
cette PME.» Mais cette nouvelle situation est loin d'être
un bon filon. Il se verse 1 200 e de salaire par mois, alors qu'il était
payé 4 500 e dans son dernier poste. Prudemment, sa femme avait
gardé son emploi de cadre commerciale à Lyon. Mais, après
quatre mois d’exploitation, les salariés les plus compétents
partent chez un concurrent. Motif : 30% de la clientèle de la PME
ne faisait pas confiance au nouveau dirigeant. Aujourd’hui Francis
Bontemps reconnaît qu’il aurait dû se faire aider avant
de se lancer dans cette reprise. «Je n’ai pas été
assez sérieux et en plus je ne connaissais pas du tout le métier.»
| LE CONTEXTE
DE LA REPRISE |
• Les repreneurs sont plus jeunes : 20% ont moins de 25 ans
et
les 2/3 ont moins de 45 ans.
• 60% sont des repreneurs externes.
• 30% sont des repreneurs internes.
• 10% des repreneurs de la famille.
• 40% reprennent en couple.
• Moins de 18% des reprises se situent dans l’activité
industrielle
qui est supplantée par les services aux entreprises.
• 70% des reprises touchent des TPE (moins de 4 salariés).
• 1/3 des reprises se situent dans le secteur du tourisme.
• 25% des opérations sont le fait de personnes morales.
• 60% des repreneurs reprennent grâce aux relations
personnelles
et professionnelles.
• Les sociétés reprises dont le dirigeant a
été accompagné ont
40% de chances supplémentaires de survivre.
Sources : OSEO Bdpme |
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PARCOURS DU COMBATTANT
«L'enjeu est de taille pour notre croissance économique,
souligne Jean-Pierre Denis, PDG D’Oseo (ex-Sofaris). 60 000 entreprises
changent de main chaque année dans notre pays ; certains parlent
même de 900 000 entreprises à transmettre dans les 10 ans,
liées au vieillissement de la population mettant ainsi en jeu le
maintien de 300 000 emplois chaque année.» Les candidats
à la reprise n’ont jamais été aussi nombreux,
avec surtout des cadres qui ont quitté leur emploi après
un plan social ou un licenciement et qui ne désirent plus être
salarié. Mais si la reprise paraît moins hasardeuse que la
création, elle reste néanmoins risquée. «Une
reprise d'entreprise petite ou moyenne crée de la fragilité
au sein de l'entreprise par l'endettement et l'arrivée d'un nouveau
dirigeant, souligne Marcel Deruy, directeur chez Oséo Bdpme. Fragilité
qui conduit à l'échec d'une transmission sur cinq dans les
6 ans qui suivent le changement de manager. Bien évidemment, le
succès sera d’autant plus au rendez-vous que la structure
financière de l’entreprise aura été mieux consolidée
avec un endettement limité et des fonds propres suffisants.»
Chez
Oséo Bdpme on affirme que les repreneurs sont expérimentés
et possèdent un niveau élevé de formation. «Les
opérations réussissent d’autant mieux qu’elles
sont bien préparées avec un repreneur ayant bien ciblé
le secteur d’activité concerné et que la transition
est assurée par le vendeur dans de bonnes conditions», explique
Thierry Lamarque, Directeur associé d’Althéo spécialiste
de l’accompagnement. «Par ailleurs, ce n’est pas parce
qu’une entreprise est saine que la reprise sera facile. Pour se
lancer dans une telle opération il faut avant tout avoir la volonté
d’entreprendre.» La reprise n’est donc pas une mince
affaire, c’est souvent le parcours du combattant. Six à huit
mois pour trouver la société intéressante, trois
à quatre mois pour arriver à convaincre un banquier. Et,
il n’est pas rare qu’un repreneur contacte une dizaine de
banques avant de trouver celle qui le suivra. Parmi les critères
de réussite d’une reprise : choisir un projet cohérent,
considérer la reprise comme un véritable projet et non comme
un pis-aller et surtout, remporter l’adhésion de l’entourage
familial. «C’est un projet de vie et si le conjoint et les
enfants sont réticents on court à l’échec»,
affirme Martine Story d’Althéo. Une reprise en couple (hôtellerie,
restauration…) est un élément de réussite.
On n’a pas droit à l’erreur quand on reprend à
deux.
La présence du cédant est également une façon
d’éviter les situations de rupture. Une entreprise dans laquelle
le cédant accompagne le repreneur présente deux foins moins
de risques d’échec. Bien choisir le secteur de l’entreprise
à reprendre est un facteur incontestable de succès et mieux
vaut rester dans son domaine de prédilection. «Si le repreneur
doit bien connaître le cahier des charges de l’entreprise
à racheter, être du métier n’est pas une nécessité
absolue. C’est un avantage. La sinistralité est plus faible,
30% si on vient du secteur au lieu de 45% si on ne le connaît pas»,
précise Martine Story. «Tout est plus aisé avec le
cédant, les équipes en place, les fournisseurs, les clients
: on parle métier. Le repreneur est opérationnel tout de
suite et devient immédiatement crédible. C’est aussi
plus facile pour obtenir un financement car la prise de risque est mieux
maîtrisée. La formation permet également d’être
plus convaincant face aux banquiers.» On peut en effet avoir été
un bon directeur financier dans une grande entreprise et malgré
cela avoir besoin d’une méthodologie et de conseillers pour
se lancer dans une opération de reprise. «Il est fondamental
de constituer une équipe avec un expert-comptable, un avocat d’affaires
et un accompagnateur spécialiste de la reprise. Moins impliqué
dans l’affaire, il prendra du recul par rapport au dossier»,
estime Thierry Lamarque. En matière d’analyse financière
et d’évaluation de l’entreprise, les conseillers financiers,
les banques, les cabinets d’audits peuvent être d’un
grand secours même si on constate que sur 27 000 entreprises accompagnées,
un tiers échoue.
MAX MANIGLIER,
50 ANS :
«LE FAIT D’ÊTRE ACCOMPAGNE A ETE
UN ATOUT…» |
«Après plusieurs années passées à
la tête de l’entreprise familiale, j’ai eu envie
de repartir sur un nouveau challenge. Mon projet s’est structuré
autour de 3 axes de recherche : l’automobile, le secteur média/presse,
l’univers artistique. Sur les conseils d’Althéo,
j’ai rencontré Valérie Ghérend, propriétaire
de Arts Programme Magazine dédié à l’actualité
des musées et des expositions. La première étape
a consisté à formaliser, structurer et valider mon
projet. J’ai commencé en étudiant des dossiers
de reprise mis à ma disposition par Althéo. Puis on
est passé aux étapes de la reprise qui m’intéressait
: étude du dossier, valorisation, accompagnement lors des
phases de négociation, mise en relation avec un avocat d’affaires
pour les aspects juridiques. C’est ainsi qu’après
4 mois, en octobre 2004, nous avons finalisé la signature
du protocole et le closing le 1er décembre. Le fait d’être
accompagné a été pour moi un réel atout,
un gain de temps et d’efficacité. J’ai également
évité bien des pièges qui guettent les repreneurs
: risque d’essoufflement, mauvais cadrage du projet, perte
d’objectivité.» Une passation de flambeau en
douceur qui lui a permis de se concentrer sur ses objectifs prioritaires
: sécuriser et développer l’activité.
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APPRENDRE A REPRENDRE
Si les éléments les plus décisifs, qui conduisent
à la réussite d’une reprise, sont le plus souvent
humains et financiers, dans la réalité, parmi les facteurs
d’échec relevés par les spécialistes, le manque
de formation du repreneur et de préparation de la reprise figurent
en bonne place. Or, les formations sont très intéressantes
dans la mesure où elles deviennent un apprentissage à la
gestion et aux bons réflexes du repreneur. Forts de ce constat,
des écoles et des organismes ont créé des formations
dédiées à la reprise d’entreprise.


Chez Althéo on assure plutôt un pilotage qui offre un véritable
accompagnement du projet de reprise. «Au delà de l’accompagnement,
nous intervenons dans les clubs repreneurs des grandes écoles,
Sciences Po, Centrale Paris, Essec», commente Martine Story. Jean
Lacour, scientifique de formation, a opté pour une formation chez
Télécom Paris pour reprendre une entreprise high-tech. «La
formation m’a permis d’être professionnel et certainement
plus convaincant face au capital-risqueur qui me suivait», analyse
ce chef d’entreprise de 49 ans. Le centre des entrepreneurs de l’EM
Lyon propose des cycles sur la reprise puis la direction opérationnelle
de l’entreprise. L’association CRA (Cédants et Repreneurs
d’Affaires) assure des séminaires partout en France pour
ses adhérents. Le réseau de l’Ecole des Managers propose
des formations de 60 jours répartis sur 12 mois. Les Chambres de
Commerce et d’Industrie donnent également des conseils et
accompagnent les repreneurs au travers de stages. A l’Essec, l’institut
de la Transmission présente deux programmes, l’un pour les
repreneurs, l’autre pour les cédants. Une bonne démarche
dans la mesure où bon nombre de reprises échouent faute
d’implications des cédants dans la transmission car ils sont
peu convaincus de la nécessité d’une formation. Et,
en règle générale, les dirigeants qui cèdent
préférent rester dans l’anonymat.
Formations et accompagnements ne doivent cependant pas faire oublier qu’au
delà de la méthode, une reprise est avant tout une démarche
économique. Il faut gérer mais aussi développer et
créer des richesses.
ADVANCIA :
L’ECOLE DES ENTREPRENEURS |
Du
9 au 24 juillet 2005, Advancia, établissement d’enseignement
supérieur en entrepreneuriat de la Chambre de Commerce et
d’Industrie de Paris, a organisé une école d’été
des jeunes entrepreneurs. Constat : «Aujourd’hui il
faut environ un an d’attente pour 50% des cédants et
des repreneurs car l’offre et la demande peinent à
se rencontrer. Il y a une inadéquation sur la taille des
entreprises à vendre (moins de 10 salariés) et la
taille des entreprises que les repreneurs recherchent (entre 10
et 29). A cela s’ajoute une inadéquation sur les secteurs
d’activité puisqu’il y a environ 30% des entreprises
à vendre dans la sphère des entreprise de Services,
un secteur qui représente 55% des demandes des repreneurs.
De plus, les apports en fonds propres des repreneurs sont majoritairement
inférieurs à 30% du montant de l’opération.
Au niveau de la préparation, on observe que 3 à 5
ans d’anticipation sont nécessaires au dirigeant pour
une transmission réussie. De son côté, le repreneur
doit mener un travail de réflexion et de recherche important
sur son futur marché et ses acteurs. Les repreneurs, eu égard
à leur parcours professionnel précédent, ne
pensent pas nécessairement avoir besoin de se préparer
au métier de dirigeant de TPE-PME.»
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Sommaire
numéro n°23
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Dossier ENQUETES
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