REGION
S’installer sur la Côte d'Azur
Antibes ou Cannes ?
Revue PME - n°23 - SEPT - OCT - NOV 2005
Mer, montagne, soleil… comme si cela
ne suffisait pas, la locomotive azuréenne tire derrière
elle des wagons entiers de belles perspectives économiques. Distantes
d’à peine 12 kilomètres, Antibes et Cannes en constituent
des vitrines de choix. Difficile de départager ces rivales qui,
si elles mettent en avant des atouts relativement similaires, sont loin
de se ressembler.
Si tous les chemins terrestres mènent à Rome, en France,
tous les couloirs aériens, les courants maritimes et même
les rayons de soleil, dardés 300 jours par an, mènent à
la Riviera. Premier site de croisière en France, seconde destination
touristique _ les 8,6 millions de touristes accueillis en 2003 représentent
1% du marché mondial des séjours internationaux _ après
Paris, dotée du troisième aéroport international
derrière Roissy et Orly, la Côte d’Azur séduit.
De la chaîne alpine aux rives de la Méditerranée.
Dotée de 80 % d’espaces verts, de 9 parcs nationaux, d’une
vingtaine de stations de ski, d’une centaine de musées et
d’une profusion de petits villages nichés dans l’arrière-pays,
elle a fait du tourisme l’une de ses principales mannes économiques.
Eté comme hiver (un séjour sur deux est effectué
en dehors des mois d’été). Qu’il soit de loisirs
ou d’affaires. Car les vacanciers ne sont pas les seuls à
goûter les charmes azuréens. En 2004, plus de 1,9 million
de visiteurs est venu en profiter pour des raisons professionnelles. Equipé
de huit centres de congrès et d’exposition, le département
sait recevoir.
Certains, même, ne veulent plus partir. Preuve de cette sédentarisation
: la population, estimée aujourd’hui à 1 045 973 habitants,
a grossi de 3% par rapport à 1990, soit le double de la croissance
nationale. Qu’importent les embouteillages, le prix exorbitant du
logement, voire les inégalités sociales : le territoire
azuréen est devenu l’une des principales destinations des
migrations à l’intérieur de l’hexagone.
160 nationalités différentes
Les entreprises ne sont pas en reste. Car elles sont nombreuses à
subir le pouvoir d’attraction de Sophia Antipolis, première
technopole d’Europe, spécialisée dans les domaines
les plus pointus : télécommu-nications, internet, multimédia,
sciences de la vie, biotechnologies… Née au début
des années 1970, cette Silicon Valley à la française
s’étend sur 2300 hectares de paysages naturels. Ses 1200
sociétés emploient 26 600 personnes _ dont 54% de cadres
_ de 68 nationalités différentes.
Sophia est à l’image de tout un département, véritable
carrefour international qui compte près de 12% de résidents
étrangers (soit plus de 160 nationalités différentes),
et qui s’appuie sur un réseau de onze écoles internationales
de la maternelle à l’Université, implantés
à Cannes, Nice, Sophia Antipolis et Monaco. Le renom de Sophia
au-delà des frontières, en particulier dans le monde du
high-tech, a largement compensé la mauvaise image que pouvait avoir
le sud dans le domaine professionnel.
Tertiaire omniprésent
Les Alpes-Maritimes (taux de chômage de 11,9%) comptent aujourd’hui
plus de 35 000 emplois technologiques et ce secteur pèse désormais
aussi lourd que le tourisme. Les services et le commerce représentent
ainsi 84% de la population active, et 70% du chiffre d’affaires
global des 100 630 établissements répertoriés. La
force du commerce, qui s’explique aussi par le niveau élevé
de la qualité de vie, s’articule autour du détail
spécialisé, du commerce de gros et de réparation,
et des grandes enseignes mondiales.
Le tertiaire (commerce et services) concerne 85% également des
entreprises créées. En 2004, leur nombre a dépassé
la barre des 7000 (+6% en évolution annuelle). A elles deux, les
villes d’Antibes et de Cannes ont représenté 18% du
total des créations départementales. A l’image de
ces peintres et sculpteurs, tels Matisse, Picasso ou César, qui
ont inscrit leur nom dans le ciel azuréen, ces voisines du littoral
ont elles aussi le tempérament d’artiste. Elles ne trempent
pas leurs pinceaux dans le même pot pour autant.
ANTIBES LA MUSICIENNE
Antibes, son festival de jazz, ses vieilles ruelles pavées, son
fort carré et ses boîtes de nuit de station balnéaire.
Bohème mais chic, Antibes revendique un luxe plus discret que sa
voisine, à l’image de ces magnifiques propriétés
du Cap que l’on devine derrière les hauts murs de pierre.
Démographie
72 500 habitants… contre seulement 47 547 habitants environ en
1968 : c’est la plus forte progression démographique qu’ait
connu une des grandes villes du département au cours des trente
dernières années. Si la population totale résidente
en basse saison est estimée à environ 80 000 personnes,
la population maximale hébergée en été peut
plus que doubler.
Communauté d’agglomération
Une des réussites de Jean Léonetti, député-maire
d’Antibes, est d’être parvenu à capter Valbonne,
qui était alliée à Grasse dans une communauté
de communes, au sein de la CASA. Constituée en janvier 2002, autour
d’Antibes-Juan-les-Pins et de Valbonne, cette communauté
d’agglomération de 162 000 habitants regroupe 16 communes,
dont Antibes-Juan-les-Pins, Valbonne et, par conséquent, le parc
de Sophia Antipolis. L’alliance ne peut être que profitable,
surtout quand on sait que la technopole représentera, à
terme, plus de 50 000 emplois, grâce à un réseau de
sites associés répartis sur l’ensemble de du territoire
azuréen.
Qualité de vie
- Transports
Tout automobiliste antibois s’est, un jour, retrouvé coincé
sur la route de Grasse, à la sortie de l’autoroute. Comme
dans de nombreuses communes de la Côte d’Azur, le sur-place
y est devenu monnaie courante. Les voitures sont reines par rapport
aux transports publics et le problème semble insoluble. Ceux
qui font la navette entre Antibes et Nice, distante d’à
peine 20 kilomètres, se consolent en préférant
à l’autoroute la nationale du bord de mer : au moins la
vue y est sublime.
- Culture
Un musée Picasso, un Fort Carré et, surtout, un festival,
“Jazz à Juan”, qui attire depuis 45 ans les plus
grands musiciens au monde dans la pinède de Juan-les-Pins.
Economie
- Tourisme de loisirs
Outre ses atouts culturels, Antibes met également en avant ses
charmes nautiques, avec 25 kilomètres de côtes préservées
(c’est l’une des plus longues franges littorales) et pas
moins de 5 ports, dont Port Vauban, le plus grand port de plaisance
d’Europe.
- Tourisme d’affaires
Disposant d’un Palais des Congrès et de son auditorium
de 600 places, Antibes s’appuie aussi sur Sophia-Antipolis pour
attirer les visiteurs d’affaires.
Le secteur antibois (Antibes, Juan-les-Pins, Vallauris-Golfe Juan) propose
jusqu’à 90 hôtels, soit 3 000 chambres à la
vente.
- High-Tech
Le bassin économique d’Antibes-Sophia Antipolis (Antibes,
Biot, Cagnes-sur-Mer, La Colle-sur-Loup, Saint-Paul, Valbonne, Vallauris,
Vence et Villeneuve-Loubet) a un poids important dans les technologies
de l’information et de la communication (105 entreprises, 1 340
emplois et un chiffre d’affaires de 1 262 millions d’e)
et les sciences du vivant (22 entreprises, 125 emplois, CA de 51 millions
d’e).
Création d’entreprise
Les créations d’entreprise (580 entreprises en 2004 contre
633 en 2003) ont diminué de 8% l’an passé. Le secteur
tertiaire représente 87% de ces nouvelles entités, qui sont
au nombre de 280 dans les services, 223 dans le commerce, 47 dans la construction
et 30 dans l’industrie.
- Accompagnement
De nombreux sites d’économie mixte (SEM), dédiés
à l’industrie, au commerce et aux bureaux, offrent des
solutions adaptées aux entreprises. Ils sont situés à
Antibes, mais aussi à Cagnes sur mer, à La Gaude, au Cannet,
à Menton et à Villeneuve-Loubet.
Immobilier
Le soleil n’a pas de prix, donc les étrangers achètent.
Anglais, Suédois, Danois et autres Hollandais font ainsi grimper
les prix (+10% en 2003). Les quartiers de Fontonnes et de Val Claret,
réputés populaires, sont plus abordables, avec des prix
avoisinant les 2 000 e le m2, si ce n’est moins. Encore faut-il
supporter les grands axes de circulation, comme la route de Grasse ou
l’avenue Jules-Grec. La ZAC de Semboules demeure également
accessible.
Pour un bureau, le m2 se loue annuellement entre 69 e et 160 e, soit 115
e en moyenne.
CANNES L’ACTRICE
Cannes, ses célèbres marches, ses palmiers, ses yachts,
ses hôtels prestigieux et ses enseignes de luxe… Telle une
star de cinéma, friande de paillettes, la ville aime exhiber ses
grâces. Son côté tapageur n’enlève rien
à son dynamisme économique.
Démographie
67 400 habitants.
Communauté d’agglomération
Non seulement Cannes n’a pas récupéré Sophia
dans son escarcelle, mais elle n’a conclu d’alliance avec
aucune de ses voisines.
Elle aurait pourtant de nombreuses affinités avec le “Pôle
Azur-Provence”, créé en janvier 2002, qui rassemble
les 67 800 habitants de Grasse, Mouans-Sartoux, Auribeau-sur-Siagne, La-Roquette-sur-Siagne
et Pégomas. Peine perdue : le projet d’une communauté
d’agglomération réunissant Cannes, Grasse et les communes
voisines, qui serait forte de 231 000 habitants, est bloqué par
les disputes entre élus, qui se privent ainsi de la manne financière
de l’Etat (43 e par habitant).
Qualité de vie
- Transports
Embouteillé, pollué, le boulevard Carnot est à
Cannes ce que la route de Grasse est à Antibes : le cauchemar
des automobilistes. Pour les nantis, Cannes reste accessible par les
airs, grâce à l’aéroport Cannes-Mandelieu,
le deuxième en France pour le tourisme haut de gamme et d’affaires.
Situé à la sortie immédiate de l’autoroute,
à 5 minutes du centre ville et à 15 minutes de Sophia,
il relie la ville aux grandes métropoles européennes.
Dans le ciel, les aéronefs croisent également des hélicoptères
: avec 100 000 passagers répartis chaque année entre Cannes,
Nice, Sophia et Monaco, la Côté d’Azur est le premier
réseau européen de lignes hélicoptère. Côté
mer, la création d’un terminal portuaire est programmée
pour 2005.
- Culture
Un festival international de cinéma, qui attire depuis 58 ans
les plus grandes stars sur les marches du palais.
Economie
La Cité des Festivals figure dans la catégorie économique
des super-privilégiées, avec un budget digne d’une
métropole de 200 000 âmes.
- Tourisme de loisirs
Port de croisières, Cannes est aussi le port d’attaches
des grands yachts privés de Méditerranée
- Tourisme d’affaires
Lieu de rendez-vous annuel international de nombreux marchés
(Midem, le Mipim, Tax Free, Milia, MIPTV…), le Palais des Congrès
fait de Cannes la 2e ville française de congrès après
Paris. Figurant parmi les grandes destinations mondiales en matière
de tourisme d’affaires, la ville bénéficie également
de la proximité de Sophia Antipolis.
Pour faire face à cette double vocation, Cannes dispose d’un
secteur hôtelier ultra-développé : pas moins d’une
centaine d’hôtels et 5 000 chambres. Le secteur cannois
(Cannes, Mougins, Le Canet) représente 16% du parc azuréen
en nombre d’hôtels et 20% en nombre de chambres.
- High-tech
L’économie du bassin cannois (Auribeau-sur-Siagne, Cannes,
Le Canet, Mandelieu-la-Napoule, Mougins, Pégomas, La Roquette-sur-Siagne
et Théoule-sur-Mer) s’appuie sur un pôle majeur :
les technologies de l’information et de la communication. En projet
: la création d’une technopole de l’image, étalée
sur 33 hectares.
Création d’entreprise
Les créations d’entreprise (677 entreprises en 2004 contre
681 en 2003) ont diminué de 1% l’an passé. Le secteur
tertiaire représente 92% de ces nouvelles entités, qui sont
au nombre de 350 dans les services, 271 dans le commerce, 39 dans la construction
et 17 dans l’industrie.
- Accompagnement
Près de dix parcs d’activité sont répartis
entre Cannes et Mandelieu-La-Napoule, principalement pour les entreprises
orientées vers les activités nautiques et spatiales. Plusieurs
de ces sites proposent également des espaces destinés
à l’activité commerciale ou artisanale.
Immobilier
Cannes reste la ville la plus chère de la Côte d’Azur,
avec en moyenne 10% de hausse dans l’ancien et 27,4% dans en 2003.
Même les secteurs moins huppés que la Croisette ont connu
un vrai boom. A la Bocca, la prix au m2 reste au-dessous des 2 000 e.
De son côté, le quartier République, pourtant peu
couru, n’offre plus vraiment d’opportunités à
moins de 2 000 e. Celles-ci existent encore vers Mandelieu ou Le Cannet.
Dès que l’on s’éloigne du centre-ville, les
prix deviennent plus raisonnables. Vers la rue d’Antibes, les prix
varient entre 4573 et 7622 e le m2.
Pour un bureau, le m2 se loue annuellement entre 87 et 187 e, soit une
moyenne de 119 e.
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