Daici.com - Le spécialiste de la transmission d'entreprises et de fonds de commerces depuis plus de 34 ans
 
Acquisitions Entreprises, vente et achat d'Entreprises
Acquisitions Entreprises, le leader de la reprise d'entreprises depuis plus de 35 ans. Vendre ou acheter une Entreprise ? Faites confiance au numéro 1 !

| Accueil | OPPORTUNITES D'AFFAIRES | Franchise | NewsLetter / ALERTES | Contact |

 
Acquisitions Entreprises, La référence de la Cession Acquisition d'Entreprises depuis plus de 34 ans. www.pic-inter.com Acquisitions Entreprises, La référence de la Cession Acquisition d'Entreprises depuis plus de 34 ans. www.pic-inter.com
   

REGION

INVESTIR À DIJON OU BESANÇON ?

Revue PME - n°25 - MARS - AVRIL - MAI 2006

Bien que proches voisines, on connaît surtout la capitale bourguignonne. Plus discrète, la préfecture du Doubs n’en est pas moins dynamique. Europe oblige, leur rivalité est destinée à s’estomper.

En septembre dernier, Ikéa s’implantait à Dijon. De quoi faire monter la moutarde au nez des Bisontins. Car le choix de la capitale bourguignonne au détriment de la capitale francomtoise fait office de symbole. Il témoigne de l’attractivité dijonnaise, qui collectionne les images au plan national : à elle les grandes entreprises, la grande équipe de foot et les grands événements culturels. Même son maire, François Rebsamen, éclipse en notoriété son homologue, Jean-Louis Fousseret. L’ayant compris, ce dernier prévoit une vaste opération de promotion en 2006. Il est vrai que la préfecture du Doubs ne possède plus l’aura dont elle bénéficiait du temps de Charles Quint.Très longtemps, la petite ville au tempérament discret a vécu dans l’orbite de Dijon. Ce n’est pas un hasard si la Franche-Comté devait être rattachée à la Bourgogne après 1945. Edgar Faure en a décidé autrement : en lui donnant le statut de région, il a aussi réveillé une rivalité historique remontant à l’époque (du XVe au XVIIe siècle) où Besançon était encore intégrée au Saint Empire romain germanique, alors que Dijon appartenait au Royaume de France. L’ignorance pendant laquelle les deux voisines se sont tenues n’est plus de mise. En 2011, le futur TGV Rhin-Rhône les mettra à 25 minutes l’une de l’autre. Certes, la bataille fait rage concernant le point de croisement des deux branches du TGV, chacune voulant en être le plus proche. Mais, d’ores et déjà, les préfectures du Doubs et de la Côte-d’Or savent qu’elles vont devoir coopérer pour exister. Au niveau national, entre Paris, Lyon et Strasbourg, mais aussi, à terme, sur le plan européen.

Un «contrat métropolitain» a ainsi été signé, sous l’égide de la Délégation à l’Aménagement du Territoire et à l’Action Régionale (DATAR), par Besançon, Dijon, Mulhouse, Belfort et Montbéliard (soit cinq des villes que reliera le TGV). Entre les deux premières, qui se découvrent plus complémentaires qu’elles ne l’auraient cru, d’autres projets sont à l’étude : expositions communes, orchestre interrégional, répartition des compétences hospitalières et des spécialités universitaires, TER à grande vitesse (en utilisant la future ligne TGV) et aéroport commun, qui sera situé à Dole-Tavaux, à mi-chemin. Les nouveaux arrivants auront tout à gagner de cette coopération. Bisontins ou dijonnais ? Voici quelques éléments pour les aider à trancher.

 

DIJON L’EXPANSIVE

DÉMOGRAPHIE

Si la taille des deux départements est équivalente (506 000 habitants en Côte-d’Or), celle de Dijon est bien supérieure à celle de sa voisine : 150 000 personnes intra-muros, 240 000 dans l’agglomération et 320 000 (100 000 de moins dans l’agglomération bisontine). En revanche, sa population n’a grandi que de 4,4% par an entre 1990 et 1999. Et son solde migratoire est négatif la décennie suivante.

ENVIRONNEMENT

Moins verte, plus éloignée de la montagne (deux heures environ), la cité bourguignonne a d’autres atouts.A commencer par son taux de délinquance, qui fait d’elle l’une des grandes villes les plus sûres de France. Puis ses tables gastronomiques et ses bonnes bouteilles : de quoi se réchauffer dans cette localité qui, comme Besançon, enregistre près d’un degré de moins qu’ailleurs en France (alors qu’il ne pleut que 116 jours par an, contre 140 chez les Bisontins). Bonne nouvelle pour les piétons et les cyclistes : Dijon a rattrapé son retard en matière de pistes cyclables, qui représentent aujourd’hui 10% de la voirie. Et entend également combler ses lacunes sur le plan écologique : l’un des chantiers des dix prochaines années consistera ainsi à remplacer tous les bus diesels par des bus au gaz naturel de ville.

TRANSPORTS

Dijon a perdu son rôle de carrefour au milieu du XXe siècle, quand l’autoroute A6, puis le TGV sud-est,l’ont oubliée.C’est dire l’enjeu du tracé de la nouvelle ligne TGV, qui permettra à cette ville économiquement tournée vers la Saône-et-Loire,au sud,de trouver une nouvelle zone d’expansion vers l’est. Par les airs, les deux villes, dépourvues de liaisons directes et régulières vers les grandes métropoles françaises et européennes, sont aussi mal desservies l’une que l’autre.Et si Dijon dispose, elle, de son aéroport, sa situation en centre-ville en limite le développement. En matière de transports urbains, un nouveau réseau, Divia, fonctionne depuis octobre. Et en Côte-d’Or, le prix des tickets et des abonnements est parmi les plus bas de France.

EQUIPEMENTS

Avec un centre dramatique national, un musée des beaux-arts, une scène lyrique, un conservatoire de musique, des temps forts culturels (Festival Tribu et L’Estivale) et, bientôt, un Zénith, la culture est mieux représentée que le sport. Malgré le manque d’espaces disponibles, Dijon, néanmoins, aura bientôt une piscine olympique.

ECONOMIE

En moyenne, les Dijonnais sont plus riches que les Bisontins. Et même si le nombre d’emplois a moins augmenté que chez les voisins entre 1990 et 2000, le taux de chômage s’est stabilisé au-dessous de la moyenne nationale, à 8,1% fin 2004. C’est la diversité du tissu économique qui a préservé la préfecture de Côte-d’Or des grosses crises. Celle qui fut longtemps une ville de robe et de cour s’est un peu industrialisée (si bien que la proportion d’ouvriers, de 10%, dans la population est la même qu’à Besançon). Ses pôles d’excellence se sont constitué autour de l’agroalimentaire (les vins de Bourgogne, les cassis, les escargots ou encore la moutarde, avec Amora en première entreprise locale), la logistique, l’automobile et la pharmacie. Côté matière grise, Dijon compte, comme sa voisine, 9% d’étudiants, alors que la moyenne des 100 premières villes françaises n’est que de 5,4%. Mais la première en accueille plus de 30 000, contre 21 000 à Besançon. Et s’arroge également la part la plus grande d’emplois hautement qualifiés.

COMMERCE

L’atout est historique : au Moyen-Age, les foires de Dijon attiraient les chalands bien au-delà des frontières du duché de Bourgogne. Aujourd’hui, sa densité en grandes surfaces, en marchés de plein air, en cafés ou en restaurants est plus forte qu’en Franche-Comté.

CRÉATIONS D’ENTREPRISES ACCOMPAGNEMENT

Inaugurée en octobre 2002 avec la CCI de Beaune, l’Ecole du Créateur est un centre d’apprentissage unique en France. Qui, selon les statistiques, augmente de 25 à 50% les chances de création des candidats. Ceux-ci ont affaire à un tuteur, interlocuteur unique qui les suit tout au long de leur parcours, du stade de la simple idée à cinq ans après la création. Ils y trouvent aussi de la formation, du conseil individualisé, des suivis en groupe, du parrainage ou encore l’accès au financement de l’Aph 21 : cette association de Côte-d’Or octroie des prêts d’honneur dont la durée varie de 2 à 5 ans et le montant de 2 à 22 K€. Depuis sa création en 2001, les quelque 300 porteurs de projet accompagnés ont généré plus de 600 emplois.

IMMOBILIER

En 2004, les prix ont, comme à Besançon, grimpé de 10 à 12%. Mais Dijon reste plus chère. Un deux pièces se loue en moyenne 398 € mensuels (contre 462 € dans le Doubs), une maison s’achète 186 000 € (contre 160 000). Les heureux arrivants se consoleront avec une fiscalité locale plus douce que chez la voisine.

 

 

BESANÇON L’INTROVERTIE

DÉMOGRAPHIE

Comparée à la taille du département (515 000 habitants),celle de Besançon,avec 120 000 âmes intra-muros et 222 000 dans l’aire urbaine, est plutôt modeste. Son agglomération (134 000 personnes) est à peine équivalente à celles de Saint-Nazaire ou de Thionville ! En revanche, la ville peut se targuer d’une réelle attractivité, avec une croissance de sa population de 6,8% entre 1990 et 1999 et d’un solde migratoire largement positif la décennie suivante.

ENVIRONNEMENT

Le cliché d’une ville perdue dans le froid et la forêt ne rend pas justice à son patrimoine architectural exceptionnel,à son environnement admirablement préservé. Car il fait bon vivre à “Besac”, comme la surnomment affectueusement ses habitants. Ses étudiants ne diront pas le contraire,surtout avec la proximité (une heure) des pistes de ski du Jura. Témoins, encore, ces médailles accumulées depuis quelques années dans les palmarès établis par les magazines nationaux : ville la plus fraternelle, ville la plus verte (2 400 hectares d’espaces verts,dont 2 024 de forêts) et première pour les voies piétonnes (dès 1974). La ville ne ménage pas non plus ses efforts écologiques, avec l’instauration d’une redevance ordures ménagères proportionnelle au volume des déchets triés et l’ouverture prochaine d’une grosse centrale au bois pour chauffer 2 500 logements.

TRANSPORTS

Certes, Besançon a du mal à rayonner sur la Franche-Comté, où elle subit la concurrence des métropoles voisines,plus puissantes,comme Lyon et Strasbourg. Il n’empêche : son axe naturel la porte vers l’ouest, où passent l’autoroute et la ligne SNCF :une plaine où décolleront les avions du futur aéroport de Dôle, une plaine que traversera, aussi, le TGV. Coup dur : la gare principale du TGV ne sera pas située à Besançon mais à Auxon-Dessus, à 10 kilomètres environ. En matière de transports urbains, le réseau de bus Ginko a la particularité de passer dans chacune des 59 communes de la communauté d’agglomération du Grand Besançon (CAGB).

EQUIPEMENTS

Culturellement, Besançon brille moins que Dijon. La municipalité réfléchit d’ailleurs à la création d’un festival d’envergure, sans doute lié aux arts de la rue, pour compenser son manque d’infrastructures. Mais en sport, la capitale du Doubs l’emporte haut la main, avec des infrastructures (stades, gymnases, piscines et courts de tennis) qui dont oublier que la ville n’a pas, comme Dijon, un club de foot en Ligue 2. Autre équipement remarquable : l’ordinateur offert à chaque élève bisontin rentrant en CE2 depuis 2002, une initiative unique en France (opération Besançon.clic)

ECONOMIE

Sociologiquement, Besançon a longtemps cultivé sa tradition industrielle, avec l’horlogerie en fer de lance. Mais ses effectifs industriels se sont réduits.L’affaire Lip,usine de production de montres dont la fermeture il y a 28 ans fut vécue comme une catastrophe nationale, continue de hanter les esprits. Heureusement,les graves restructurations sont du passé. La décennie 1990-2000 a même été faste pour l’aire urbaine bisontine, qui a obtenu un résultat exceptionnel, unique sur la région, avec l’augmentation de 9% du nombre de ses emplois.Du coup,Besançon s’octroie la palme du dynamisme économique, un peu refroidi, toutefois, par la hausse du chômage (passé de 8,4% fin 2003 à 9% fin 2004). L’absence de grandes entreprises aura ainsi été compensée par un tissu de PME performantes et capables de s’adapter. Profitant de son nouveau statut de capitale régionale, la ville a vu décoller ses emplois administratifs et tertiaires. Par ailleurs, elle a également su réutiliser son savoir-faire horloger dans un nouveau domaine d’excellence, les microtechniques, qui représentent aujourd’hui 10 000 emplois.

COMMERCE

Malgré la prédominance dijonnaise, Besançon conserve une légère avance pour les boulangeries et les commerces d’équipement de la personne. C’est toutefois insuffisant pour renverser la tendance. Même la Fnac, qui devrait s’installer dans l’îlot Pasteur rénové,n’arrivera qu’en 2008.

CRÉATIONS D’ENTREPRISES

En 2004, elles ont augmenté de 11,3% en Franche-Comté (2 836 créations, soit 38 pour 1 000 habitants) : une belle performance comparée à celle de la Bourgogne. Fort d’un taux de création de 7,2% en 2003, le Doubs a enregistré 1248 créations totales (dont 460 à Besançon) l’année suivante. Et ses seules créations pures ont augmenté de 69% !

ACCOMPAGNEMENT

Pour être épaulé, le créateur d’entreprise a le choix entre plusieurs dispositifs : de Cré- Entreprendre Initiative (montage de projets, financement, suivi des nouvelles entreprises) au guichet unique de la ZFU de Besançon Planoise (90 porteurs de projet en 2004,67 créations et 86 personnes embauchées). Etalée sur plus de 3 500 m2, la pépinière de Palente suit également les jeunes entreprises sur trois années minimum. Il existe encore un incubateur et un Centre Relais Innovation, qui favorise la coopération technologique.

IMMOBILIER

Tant pour la vente d’appartements que de maisons (160 000€ en moyenne dans l’ancien), la préfecture est moins chère que sa voisine. Le marché s’équilibre toutefois à la location, notamment pour les petites surfaces (298 € en moyenne pour un studio, contre 294 à Dijon), très recherchées par les étudiants. A savoir : l’innovation sociale est une tradition dans cette ville qui dispose de 28,5% de logements sociaux (contre 14,4% à Dijon).

 

Sommaire numéro n°25

 


Publicité