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PME•COM
A TABLE
LE PLATEAU BOULOT
Revue PME - n°27 - SEPT - OCT -NOV 2006
Lancé en 2003,
ce service de restauration
livrée fait un carton
auprès des entreprises.
Sa présidente,
Marie-Anne Canto,
prévoit de clore l’année
sur un chiffre d’affaires
de deux millions d’euros.
Au 6 bis de la rue Lesesnes, allée
tranquille bordant le cimetière de
Saint-Ouen, une grande porte
métallisée accueille le visiteur. Pas de
numéro, pas de sonnette, juste un
minuscule autocollant collé à hauteur
d’yeux, où figure l’inscription «A table».
C’est donc bien là. En ce début d’été,
l’endroit semble désert. A force de
taper, pourtant, une femme vient ouvrir.
«Nous avons emménagé il y a seulement
deux semaines. Nous ne sommes pas
encore tout à fait installés !», s’excuse
Marie-Anne Canto, la patronne des
lieux. En entrant, on découvre un
hangar immense et vide, à l’exception
de quelques palettes de boissons
empilées dans un coin. Pas simple
d’occuper une surface de 700 m2 pour
une société d’à peine dix salariés
!
«Ce ne sont pas les gens qui prennent de
la place, mais les plateaux repas. Et les
livreurs les ont déjà embarqués ce matin»,
explique la présidente de la société A
Table. Créée en 2003, cette marque
est devenue une référence en matière
de restauration livrée. Moins sur le
créneau des particuliers que sur celui,
émergent et bien plus lucratif, des
entreprises. Et ça marche ! D’ailleurs, il
suffit de poursuivre le tour du
propriétaire pour s’apercevoir que
l’endroit est loin d’être aussi endormi
qu’il y paraît. Au premier étage, où la
petite équipe a pris ses quartiers, les
ordinateurs clignotent et les oreilles
sont accrochées au téléphone.
«Nous prenons les commandes et
assurons le service sept jours sur sept, de
7h à 23 heures». Chaque jour, près de
300 repas sont ainsi acheminés vers une
vingtaine d’entreprises d’Ile-de-France.
Au programme de la journée : des
petits-déjeuners d’affaire, des plateaux
repas pour les réunions, des cocktails et
des réceptions officielles ou encore des
buffets pour séminaires. Coût de la
prestation : de 100 €, coût minimum
d’une commande, à… 60 000 € : «c’est
la facture d’une entreprise privée qui
organisait une réception à l’hôtel de ville
pour plus de 1 000 personnes !», se
réjouit Marie-Anne Canto.
L’EXPÉRIENCE WIZ
De Gucci à la banque Barclays,en passant
par Publicis, cette entrepreneuse de
36 ans a déjà constitué un portefeuille
de quelque 500 clients, parmi lesquels
des particuliers, des comités d’entreprise,
des cabinets d’avocats, des hôpitaux,
des ambassades et diverses associations
professionnelles. Après un chiffre
d’affaires de 700 000 € en 2005, elle
espère atteindre deux millions cette
année. Que de chemin parcouru, pour
cette mère de trois enfants, depuis sa
première expérience au sein de la
société paternelle, PME de 47 salariés
spécialisée dans la robinetterie industrielle.
«Après mon école de commerce à Paris,
mon chemin était tout tracé. J’avais 22
ans, les ouvriers de l’atelier m’appelaient
«la fille au patron». Il n’a pas été facile
de
m’imposer dans ce milieu masculin».
Confortablement installée sur un
marché de niche, la petite affaire pèse
alors 40 millions d’€. Son père, désirant
se retirer, la revend en 1996. La même
année, Marie-Anne Canto se marie
avec Charles Dunston, un informaticien
américain. Avec son époux, elle crée
Wiz, web agency spécialisée dans la
création, l’hébergement, la stratégie
marketing, le développement technique
et la promotion de sites internet. «Nos
équipes étaient mixtes, alliant à la fois des
compétences techniques, commerciales et
graphistes». La croissance est très forte.
En 2000, le chiffre d’affaires atteint
20 millions de francs. Un tour de
table permet même de réinjecter 13
millions de francs. Las ! Une légère
décroissance touche Wiz de plein
fouet : «en 18 mois, nous avons licencié la
moitié des 60 salariés. En juillet 2002, face
à l’absence de perspectives sur un marché
qui se simplifiait, on a préféré vendre à une
SSI américaine».
Dans la foulée, le couple rachète Les
Restaurants à Domicile. Cette société,
fondée en 1999 par Emmanuel
Dossi, un ancien client de Wiz, exploite
la marque Chronoresto.com, portail
de restauration livrée à domicile. «Le
modèle économique posait problème. La
seule rémunération d’Alloresto était un
pourcentage de 10% de la commande. Ce
n’était pas rentable».
UNE DIÉTÉTICIENNE
MAISON
Une deuxième marque est donc créée,
en plus de la deuxième, en 2003 :A table
Restauration passe des partenariats
avec des restaurants de qualité et
assure elle-même la livraison. Mais, avec
les embouteillages, le délai de 4 heures
s’avère impossible à tenir et au bout de
huit mois, l’entreprise change son fusil
d’épaule. «Des clients nous sollicitaient
pour des coffrets repas et des cocktails.
Nous les avons écoutés». Pour A Table,
rebaptisée pour l’occasion, c’est une
seconde naissance.
Les menus, eux, sont composés par une
diététicienne et les produits, fournis par
des artisans spécialisés, tel l’affineur
Alleosse pour les fromages ou Fatima
Hal, la restauratrice du Mansouria.
Les fournisseurs livrent
directement leurs produits
chez A table, où ils sont
ensuite assemblés (directement
dans le véhicule
réfrigéré dans le cas des
coffrets repas). Outre la
livraison, la prestation
peut également comprendre
le dressage de la nappe
et le service d’un maître
d’hôtel. «On essaie de
répondre à la problématique
de la diversité», insiste
Marie-Anne Canto.
Sa volonté n’a jamais fait
défaut. Même quand elle a
accepté, par sécurité, un
poste au sein de la banque
d’affaires Westwood, en
février 2003 : «C’était par
sécurité. Et puis toutes les
expériences sont bonnes à
prendre !» Salariée pendant
près de deux ans, la
présidente est vite revenue
à ses premières amours.
Comme son mari, qui a
quitté A Table et travaille
actuellement sur un autre
projet, elle a l’esprit
d’entreprendre chevillé
au corps. Marraine de
plusieurs projets de
création de Paris
Pionnières, elle devrait
également s’impliquer au
sein de 93 Entreprendre.
«J’adore cette activité,
même s’il est difficile de
tout concilier». Cela ne
l’empêche pas de voir
grand. Avec son associé,
Emmanuel Dossi, ils
prévoient de dupliquer
le concept à l’étranger.
En 2008, si tout va bien.
| Carte d’identité |
1999 : création
de la société Les Restaurants à Domicile
2000 : lancement du site Chronoresto.com
2002 : rachat de la société par Marie-Anne Canto
2003 : création de la marque A Table
2004 : CA de 150 000 €
2005 : CA de 700 000 €
2006 : déménagement
à Saint-Ouen |
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