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2 - Connaître les objectifs des repreneurs
3 - Mettre les repreneurs en concurrence
4 - L'audit
5 - La fiscalité de la cession
6 - Les partenaires incontournables
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ENQUETE
610 000 PME EUROPENNES REPRISES
Revue PME Acquisitions d'Entreprises n° 33 - Mars - Avril - Mai 2008
L’Europe fait de
l’aide aux PME l’une
de ses priorités majeures.
Mais l’Europe ne devraitelle
pas mieux faire pour
booster ces entreprises,
gisement d’emplois
et d’innovation ? Jean-Charles SIMON

On reconnaît aujourd'hui que les 23
millions de PME avec leur 75
millions d’emplois sont un enjeu
économique et social de première
importance en Europe. A titre
d’exemple, le boom économique de
l'Allemagne doit beaucoup à ses PME
qui exportent massivement. Ces
entreprises d’Outre-Rhin sont très
actives dans les secteurs traditionnels
comme la chimie ou les machines,
mais aussi dans l'optique, les
nanotechnologies, l'énergie solaire, le
médical ou bien l'environnement. «Bien
qu’elle ait mis en place une très bonne
organisation pour aider les entreprises en
difficulté, l’Allemagne a connu beaucoup de
fermetures d’entreprises. Elle a eu du mal
à digérer sa réunification», souligne
Jean-Charles Simon, avocat et
associé du cabinet Simon Associés.
Au niveau européen, la question de la
transmission de ces milliers de PME
préoccupe ceux qui ont en charge de
maintenir le développement économique
de leur pays. On constate d’ailleurs que,
même si 65% des Européens préfèrent
créer leur propre entreprise plutôt que
d’en reprendre une, les reprises
résistent mieux que les créations car
elles s'appuient sur un patrimoine
technique, commercial ou financier
existant et cimenté par une ou plusieurs
générations de chefs d’entreprise. 96%
des transmissions de ces petites
entreprises parvenues à leur terme
survivent passé un délai de cinq ans
après la transmission. De surcroît,
une transmission réussie préserve en moyenne cinq emplois, tandis qu'une
création n'en génère que deux en moyenne.
DES PROGRÈS
IMPORTANTS Il existe peu de statistiques précises,
voir pas du tout, mais on estime qu'un
tiers des entreprises de l'UE fera l’objet
d’une reprise au cours des dix
prochaines années (de 25% à 40%, en
fonction de l'État membre), tous les
pays ou presque étant touchés par le
papy-boom. Cela signifie qu'en moyenne
610 000 PME changeront de mains
chaque année, le nombre d'emplois
concernés s'élevant à environ 2,4
millions de personnes. «On sait que les
pays les plus actifs en matière de reprise
sont l’Angleterre, l’Espagne, l’Italie et le
Portugal qui a explosé depuis cinq ans.
Leurs techniques de reprises et
d’implantation sont proches de celles que
l’on trouve en France», estime Jean-
Charles Simon. De l’avis des divers
experts, certaines tendances sont
communes à l'ensemble des États de
l’UE : les transferts d'entreprises sont
en hausse et dans le même temps le
nombre de transferts d’entreprises
familiales à des tiers étrangers l’est
également. En Belgique, par exemple,
on remarque depuis une dizaine
d’années que la reprise des nombreuses
PME familiales par des institutionnels
augmente.Auparavant, les patrons de ces
entreprises familiales ne l’acceptaient
pas. Les Etats membres ont accompli des
progrès importants en matière de
transferts pour faciliter la vie de leurs
PME. Mais le nombre de mesures varie
considérablement d’un pays à l’autre, de
2 en Grèce à 16 aux Pays-Bas. Une
dizaine de pays ont introduit des règles
spéciales en matière d'héritage (fiscalité
sur les donations) et de droits sur les
dons pour faciliter les transferts à
des tiers. Dans d’autres domaines
clés - mesures spécifiques facilitant le
transfert aux salariés, allÈgement fiscal
pour retraite anticipée et allégement
fiscal pour les sommes réinvesties dans
une autre PME - seuls 7 Etats membres
ont pris des mesures : la Belgique,
l'Allemagne, la France, l'Irlande, les Pays-
Bas et l'Autriche. Si partout on trouve
de bons exemples de politique en
faveur des PME, les Etats membres
s’inspirent le plus souvent des
mesures développées par un
autre Etat de la Communauté
Européenne. L’exemple grec de
guichet unique découle par exemple
d’une mesure irlandaise. Sur l’exemple
du Portugal, la République Tchèque a
instauré un guichet d’enregistrement
unique destiné aux créateurs d’entreprise.
L’exonération fiscale introduite en
Autriche sur les bénéfices réinvestis repose sur une mesure comparable en
Italie. L’initiative bulgare qui vise à
améliorer la qualité et l’efficacité des
services administratifs s’inspire de
mesures comparables à Malte, en
République Tchèque et au Royaume-
Uni. Le programme finlandais portant
sur la reprise d’une entreprise au sein
d’établissements familiaux découle
d’un projet Best de la Commission
européenne. En Allemagne, on s’est
inspiré de la Charte de la Commission
Européenne comme la plate-forme
internet des conseillers en création
d’entreprise (startothek), le lancement
du registre du commerce électronique,
l’amendement de la loi sur les SARL, la
création de guichets destinés aux
créateurs et repreneurs d’entreprise au
niveau national et la réforme fiscale
favorable aux PME.

L'ATTRACTIVITE DES PAYS EUROPEENS
Une étude réalisée par deux professeurs de l'IESE
Business School, Alexander Peter Groh et Heinrich
von Liechtenstein en collaboration avec Karsten
Lieser de Strategic Capital Management, est riche
d’enseignement : la Hongrie serait le pays le plus attractif
d'Europe Centrale et Orientale pour les investisseurs de
capital risque et du capital privé. Il est suivi par la Slovénie,
les Etats Baltiques (Estonie, Lettonie et la Lituanie) et la
Pologne. Viennent ensuite la Bulgarie, la Roumanie et la
Slovaquie. De manière générale, les pays d'Europe Centrale
et de l'Est restent moins attractifs que les 15 premiers
pays membres de l'UE en termes d'investissement.
Paradoxalement, certains de ces pays sont bien classés : La
Hongrie et la Slovénie se trouvent par exemple devant la France ; et la
moyenne des pays d'Europe Centrale et de l'Est est supérieure à l'Espagne et
l'Italie. Enfin, tous les pays de la région devancent la Grèce du fait de la
mauvaise gouvernance de ces entreprises, d'une très faible activité des
marchés de capitaux et des lois d'imposition peu favorables. Les investisseurs
analysent six facteurs clés pour trouver des conditions d'investissement
optimales : L'activité économique ; la taille et la liquidité des marchés de
capitaux ; la fiscalité ; la protection des investisseurs et la gestion des
entreprises ; l'environnement humain et social et les mesures incitatives pour
s'installer dans le pays.
La Hongrie occupe selon ces critères, la première place du tableau grâce
à des avantages fiscaux favorables. Le pays bénéficie d'une économie stable,
d'un taux d'inflation bas, d'un PIB sain et d'une importante activité industrielle.
La Slovénie se trouve en seconde position et se démarque des autres pays
grâce à la santé de son économie et une situation fiscale favorable, la qualité
de son système éducatif et la faible corruption. La Slovaquie se trouve en
queue de peloton selon l'étude. C'est un pays asphyxié par le manque de
transparence dans la gestion des entreprises. De plus la situation fiscale du
pays n'est pas aussi favorable que dans la plupart des autres pays de la région.
D’une manière générale, parmi les points faibles de tous ces pays, l’étude note
un fort taux de chômage, des marchés de capitaux peux développés et sans
liquidité, et des économies relativement petites. La corruption est
plus importante que dans les 15 pays de l'UE. L'entrepreneuriat a
également du retard : les charges sociales sont plus importantes
et les dépenses en recherche et développement sont minimes.
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Un point noir relie toutes les PME
européennes : le financement tant pour
la création que pour la reprise. «80% des entreprises sont en difficulté par
manque de fonds propres. Et plus les
entreprise sont petites plus elles ont de
chance de connaître des difficultés»,
estime Jean-Charles Simon. «Dans ce
domaine les mesures peinent à venir et, de
plus, les banques ne jouent pas le jeu de
l’endettement comme auparavant. Elles
assurent de moins en moins leur rôle
d’accompagnateur, à part quelques unes
que l’on compte sur les doigts d’une main».
Cependant, certains pays de l’Union
font figure de bons élèves. En Autriche,
une action a pour but de soutenir à la
fois les créations et les transmissions
d'entreprises. S'agissant des cessions, un
organisme spécialisé consent une aide
directe sous la forme d'une subvention
de 7% du coût d'investissement
(plafonnée à 210 000 €) et dans le cas
d'un financement par emprunt, sous la
forme d'une garantie plafonnée à
300 000 € pour couvrir jusqu'à 80% de
l'emprunt souscrit pour financer les
coûts d'investissement et de reprise. La banque de promotion des
PME en Bulgarie, dont l'État
est le principal bailleur de
fonds, accorde des crédits aux
PME à des taux préférentiels.
La Pologne fournit une
assistance financière aux PME
pour financer des services de
conseil en liaison avec le
rapprochement de petites et
moyennes entreprises. Cette
aide est donnée sous la forme
d'une subvention ne pouvant
pas excéder 50% du coût de
financement des services de
conseil soit 15 000 euros.
«L’investissement en capital est
très structuré en Angleterre qui
reste le pays le plus dynamique
d’Europe car c’est le pays qui
concentre le plus d’argent. Les
salles de marché des banques
françaises sont à Londres. C’est
un signe !» estime Jean-
Charles Simon. «Ceci dit les
PME anglaises ont la vie dure.
Elles ouvrent, elles ferment, ce
n’est pas grave. Les années
Thatcher, qui ont assaini
l’économie, ont habitué les Anglais au
revirement de situation».
L’EUROPE AU SERVICE
DES REPRENEURS ? «Les repreneurs manquent de formation.
Dès la reprise ils ont la tête dans le guidon
car il s’occupe d’abord de leur métier, du
management, du développement de leur
société. Il sont trop accaparés pour se
poser des questions et ils ne sont
absolument pas préparés à la prévention
du risque», détaille Jean-Charles Simon.
«Or la prévention des risques est
l’élément à ne pas négliger et je milite
pour. En France où on préfère attendre, on
commence seulement à rentrer dans cette
culture et à former les chefs d’entreprise».
En Allemagne, on privilégie la formation
du repreneur avec un guichet unique
pour toutes les questions de la
transmission d'entreprise, par exemple
en installant une base de données recensant les consultants
spécialisés et en améliorant
les aides à la formation.
L'institut de formation de la
Deutsche Ausgleichsbank
multiplie les séminaires
destinés aux consultants
pour promouvoir la reprise
en la présentant comme
un enjeu essentiel pour
l’économie auprès des
entrepreneurs potentiels.
Les chaires universitaires
d’enseignement de l’initiative
économique intègre le
problème de la transmission
d’entreprise dans leur
programme d’enseignement.
En Finlande, la transmission
des entreprises bénéficie
dorénavant d’une plus grande attention
en ce qui concerne les instruments
financiers, la formation et le conseil. Il
existe une bourse d’achat et de vente
avec la participation du secteur public.
Cette bourse propose des liens vers
d’autres sites dans l’UE. Lorsque le Code
du Commerce est entré en vigueur en
Lettonie, le 1er janvier 2002, les services
du Répertoire des Entreprises de la
République de Lettonie ont lancé de
nombreuses opérations afin d'améliorer
l'environnement des entreprises. Des
campagnes d'information et des
consultations sur les questions de la
reprise d'entreprise figuraient au nombre
des mesures. Une vaste campagne
d'information et de conseil (séminaires,
forums en ligne, consultations, édition
de matériel, etc). sur les questions de la
transmission d'entreprise avait été
programmée avec succès en 2003-2004.
Les Pays-Bas ont dressé un substantiel
état des lieux des ressources disponibles
en termes d’analyses, de politique, de
statistiques et d’instruments de soutien
à la reprise afin d’identifier les lacunes
par rapport à l’existant. Une école de
formation des repreneurs a été mise en
place pour proposer une formation à la
reprise d’entreprises moyennes, tandis
que le centre universitaire pour
l’initiative économique Nyenrode a mis en place une chaire d’enseignement
privé sur les entreprises familiales et les
transmissions d’entreprises.
En Autriche, les services aux
entreprises du ministère fédéral de
l’Économie et du Travail et du ministère
fédéral des Finances ont été fusionnés
en 2002 pour constituer une sorte de
service à guichet unique baptisé
Austria Wirtschaftsservice. Outre
le soutien aux créations, ce service
aide également les repreneurs. Ont
également été développées des
formations spécifiques pour les
transmissions d’entreprises. L’objectif
est de mettre en place un soutien axé
sur le un tutorat pour couvrir
l’ensemble de l’opération. Le Portugal a
élaboré un projet intitulé «Jeunes
entrepreneurs et repreneurs» afin de
détecter les candidats potentiels
à la succession d’entreprise. Ces
entrepreneurs potentiels sont ensuite
formés et bénéficient d’une assistance
pour élaborer leur plan d’entreprise et
leur plan marketing. En Suède, plusieurs
agences pour le développement des
entreprises aborde des sujets tels
que l’information comme outil de
sensibilisation, l’éducation et la
formation pour les consultants, les
consultations et les outils pour préparer un transfert, les
mesures permettant aux
acheteurs et vendeurs
de se rencontrer et la
nécessité de mettre en
place des instruments
financiers. La Pologne
n’est pas en reste
avec une formation à la
transmission dispensée
par une douzaine d’écoles
de management et
d’universités. En Belgique,
il existe un certain nombre
d’initiatives au niveau des
CCI pour mettre en place
des bases de données
recensant les vendeurs et
les acheteurs. Une bourse
des affaires a été mise en
place au Guichet Unique
Transfrontalier (GUT) dans la région
frontalière aux confins de la Belgique,
de la France et du Luxembourg,
accessible via Internet à l’adresse
suivante : www.leguichet.org. Ce site est
le fruit d’une initiative commune
entre trois Chambres de Commerce de
Belgique, de Meurthe-et-Moselle (France)
et du Grand-Duché de Luxembourg.
On constate donc que les États
membres, et en particulier les nouveaux
États membres, ont accompli des
progrès dans la promotion des petites
entreprises et l’aide dans certains
domaines tels que l’éducation à
l'esprit d'entreprise, une meilleure
réglementation et une législation en
matière de faillite. La France, les
Pays-Bas, la Finlande et la Norvège ont
établi des liens entre différents secteurs
de l'administration publique en vue
d'instaurer une stratégie d'éducation à
l'esprit d'entreprise. Mais en ce qui
concerne la formation complète, les
bons élèves qui incluent l'esprit
d'entreprise dans leur curriculum sont
la République Tchèque, l'Espagne,
l'Irlande, la Pologne, la Finlande et la
Norvège. Il ne sont donc qu’une
minorité.

Anne CALLOT
Sommaire numéro n°33
Sommaire Dossier COUP-DE-POUCE
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