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Revue PME n° 35 - Septembre - Octobre - Novembre 2008
EDITO Les créateurs ne s’essoufflent pas

Le recul de 0,3% du PIB hexagonal au second
trimestre 2008 a suscité une inquiétude
légitime. Pourtant, si l’économie n’est pas au beau
fixe, il faut tout de même raison garder : nous ne
sommes pas dans la situation des années trente où
le recul avait atteint 30% et même 50% dans
certains pays. Si l’on considère le nombre des
créations d’entreprises, il se maintient depuis un an
au niveau de 28 000 par mois contre 18 000
avant le vote de la loi Dutreil. Certes, cette
augmentation spectaculaire doit être nuancée car,
parmi ces 28 000 créateurs, on compte aussi bien
les entreprises individuelles que les véritables PME.
Néanmoins, ces chiffres attestent indiscutablement
du dynamisme et de l’optimisme des entrepreneurs,
car il faut bien évidemment être optimiste pour se
lancer dans l’aventure.
Sur un autre front économique, très important,
celui des transmissions d’entreprises, il existe
aussi des raisons de se montrer optimiste. La Loi
de Modernisation de l’Economie devrait
beaucoup faciliter ces transmissions. Les droits de
mutations à titre onéreux
passent en effet de 5% à
3% pour les repreneurs
de SARL et de fonds de
commerce. De plus,
sera désormais considéré
comme reprise d’entreprise
tout rachat
d’au moins 25% du capital et non plus de 50%. Selon
la ministre Christine Lagarde, ce sont près de
700 000 entreprises qui devraient changer de mains
dans les dix prochaines années. La réussite de ces
transmissions sera donc vitale pour l’économie.
Inutile de dissimuler qu’il reste cependant des
points noirs, à commencer par le renchérissement
et le resserrement du crédit. Dans bien des cas,
la difficulté à disposer des capitaux indispensables
risque d’être l’obstacle principal à la création ou
à la reprise. Car l’optimisme et le dynamisme ne
suffisent pas : il faut un minimum de moyens. Cette
situation est, on le sait, la conséquence de la
fameuse crise des subprimes et de l’aventurisme
des grandes institutions financières. Mais il serait
tout de même paradoxal que ceux qui créent des
richesses et des emplois soient sanctionnés et leur
créativité bridée, alors que les pouvoirs publics
voleraient au secours des financiers qui ont joué les
apprentis sorciers comme
cela se passe aujourd’hui aux
Etats-Unis. Une réflexion
doit donc aussi être engagée
sur ce terrain délicat du
crédit. Car l’argent reste
tout de même le nerf de la
guerre et de l’économie.
|
par Marcel Neyraud
Fondateur |
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Sommaire numéro n°35
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