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PME•COM
PRIZEE
L’AS DU JEU EN LIGNE
Revue PME Acquisitions d'Entreprises n° 36 - Décembre - Janvier - Février 2009
Créée en 2000,
cette start-up auvergnate
est devenue le numéro 1
français du jeu en ligne
primé. Son jeune patron
entend maintenant
décliner son concept
avec une chaîne de cafés.
Qu’importe le support pourvu qu’on
ait l’ivresse : voilà bien la seule certitude
qui peut exister dans le jeu, dont les
déclinaisons sur internet ont explosé
ces dix dernières années. Il y a les accrocs
de la roulette, les passionnés de poker,
les maniaques du casse-brique… Et puis
il y a des mordus d’un autre genre, ceux
qui s’éclatent avec Bubulle le poisson
et Toudou le lapin, deux des mascottes
de Prizee.com.Pas moins de 20 millions
d’internautes s’y sont inscrits depuis
son lancement en 2000 ! Avec son
univers acidulé de dessin animé, ce site,
qui a généré un chiffre d’affaires de
13 millions d’euros en 2007 et affiche
une rentabilité de l’ordre de 20%, est
ainsi considéré comme le numéro 1
français du jeu en ligne primé.
2 EUROS
LES 25 PARTIES
«Ici, pas de violence ni de sexualité, prévient
Tristan Colombet, le jeune fondateur
(26 ans) de cette start-up auvergnate.
Nous visons un public très familial, de 5 à
85 ans, avec des jeux en ligne très divers
et accessibles aux plus novices». Grattage,
hasard, réflexion, lettres, mémoire,
aventures interactives : ce site décline le
«casual gaming» (le marché des
joueurs occasionnels) en une trentaine
de jeux. A la différence des casinos ou
les paris sportifs en ligne, les joueurs ne
gagnent pas d’argent, mais des cadeaux.
«Nous relevons du régime des loteries
commerciales gratuites, ce qui nous permet de bénéficier d’un régime plus
souple», précise Tristan Colombet.
Pour ce diplômé de l’IUT d’informatique
de Clermont-Ferrand, tout a commencé
en 1999, avec la création d’une tombola
en ligne. «J’étais encore étudiant et je
voulais me faire un peu d’argent de poche :
je me rémunérais avec les annonceurs»,
raconte celui qui n’avait même pas 18
ans alors. Encouragé par le succès de sa
tombola, dont les lots étaient des
accessoires informatiques, l’étudiant a
eu l’idée de rajouter un jeu à gratter.
«Ca marchait tellement bien qu’un annonceur
a voulu faire une grande campagne sur mon
site. Or, je n’avais même pas déposé les
statuts, c’était un simple passe-temps pour
moi !» Sitôt diplômé,Tristan Colombet a
donc fondé une start-up en bonne et
due forme, avec une offre étoffée d’une
poignée de petits jeux en ligne, très
courts (moins d’une minute) et faciles,
qu’il a conçus lui-même. Pour jouer, il
suffit de s’inscrire : les vingt premières
minutes d’une journée sont gratuites.
Au-delà, il faut payer : 2 euros le «pack»
de 25 parties. Le tarif est raisonnable,
ce qui explique le succès de la formule,
plébiscitée aujourd’hui par 15 000
nouveaux inscrits par jour.
15 000, c’est aussi le nombre de colis
expédiés chaque semaine pour récompenser
les gagnants, qui accumulent des
points au fil des partie, convertibles
ensuite en cadeaux. «On est le premier
client de La Poste en Auvergne !», affirme
Tristan Colombet, qui sous-traite
auprès de fournisseurs dont la plupart
fabriquent exclusivement pour Prizee. Parmi eux, des casquettes, des peluches,
des stylos lasers et autres menus
cadeaux peu onéreux, mais aussi des
écrans plasma, des scooters ou même
des voyages, proposés lors d’événements
spéciaux. Suffisant pour fidéliser les
internautes ? Pour le moment, seuls 6%
dépassent les 20 minutes de jeu quotidiennes
gratuites. Mais ce ratio, le président
entend bien l’élargir. Mis en place début
2008, un abonnement donne ainsi accès,
pour 6,90 euros par mois, au Club
Prizee, avec deux fois plus de jeux et
une entrée VIP dans une boutique
spéciale de cadeaux.
OUVERTURE
D’UN CAFÉ PRIZEE
«Cet abonnement s’inscrit dans une refonte
plus globale du site,dont la nouvelle version sera
mise en ligne en février». Au programme :
plus de jeux, une orientation plus ciblée
dès l’inscription, en fonction des
renseignements fournis par l’internaute
(âge, sexe…), plus d’espaces communautaires,
incluant la possibilité de
personnaliser son avatar (les Tamatio,
d’attachantes boules de poils), ainsi qu’un
univers plus affirmé, autour des personnages
phares du site, Bubulle,Toudou,
mais aussi Koulapic la grenouille et
Diabolo le diablotin.L’accent sera d’ailleurs
mis sur les produits dérivés : peluches,
jouets et autres livres pour enfants.Tristan
Colombet entend également renforcer
la marque en la déclinant sous la forme
d’une chaîne de brasseries thématiques.
En avril 2008, le premier Café
Prizee a ouvert ses portes à Clermont-
Ferrand : sur 1 300 m2, on y mange des
pizzas Koulapic et on s’adonne à la
fièvre du jeu sur des ordinateurs
intégrés dans les tables et dans de
grands open-spaces dédiés.
Pas question, pour autant, de transformer
le client en game addicted. «Nous avons
une éthique», avance Tristan Colombet,
qui a fixé à 200 euros par mois la
somme maximum que peut dépenser
un internaute sur Prizee.com. Mieux :
un système d’alerte préventive permet
de détecter les achats de packs
frénétiques un peu suspects. «Souvent, il
s’agit d’enfants qui ont emprunté la carte
de crédit de leurs parents», observe le
jeune patron, qui bichonne ses troupes
autant que ses clients. Au siège de
Clermont-Ferrand, il a ainsi mis à la
disposition de ses 116 salariés une
salle de projection, un baby-foot et des
consoles de jeux pour se détendre.
Lui-même ne cache pas son humeur
zen quand il est question d’avenir. En
attendant d’entrer en bourse, «d’ici
deux ou trois ans», ce jeune patron
annonce d’ores-et-déjà l’implantation,
fin 2009, d’une première filiale à
l’étranger de Prizee, dont le site est
déjà traduit en six langues. C’est
peut-être là la deuxième certitude de
l’affaire : le jeu se moque
autant des frontières
que du support.
Sommaire numéro n°36
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