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Revue PME n° 37 - Mars - Avril - Mai 2009
EDITO Tous entrepreneurs ?

Dans le cadre de la Loi de Modernisation de
l’Economie, vient d’entrer en vigueur une nouvelle
formule d’entreprise individuelle : «l’auto-entrepreneur
». Le terme choisi pour la désigner peut
surprendre, car, par définition, tout nouvel entrepreneur
crée lui-même son entreprise, quelles que
soient ses dimensions. «Solo entrepreneur» aurait
donc mieux convenu, puisque cette solution ne
concerne que ceux qui exercent seuls. L’avantage
essentiel de cette disposition réside dans son
extrême simplicité, une unique démarche est
requise pour se déclarer auto-entrepreneur : remplir
un formulaire qu’il est possible de se procurer
sur Internet1. Aucun frais, quant aux impôts, le candidat
pourra les payer tous les trois mois en pourcentage
sur son chiffre d’affaires, soit 12% pour la
commercialisation de marchandises et 21,3% pour
la vente de services. S’il ne gagne rien, il n’aura pas
un centime d’euro à débourser.
On remarquera tout de suite que la formule ne
peut concerner que des entreprises très modestes,
puisque le plafond du chiffre d’affaires annuel a été
fixé à 80 000 euros pour les commerces et 32 000
euros pour les services. Elle pourra cependant être
utile à ceux qui veulent démarrer prudemment et
sans le moindre risque, et aussi à ceux qui veulent
lancer une activité complémentaire sans abandonner
leur métier actuel, puisque l’auto-entreprenariat
est compatible avec l’exercice parallèle d’une
profession salariée. L’auto-entreprenariat convient
donc très bien à tous ceux qui souhaitent par
exemple lancer un site marchand sur le web.
Côté entreprises, faire appel aux services d’un
auto-entrepreneur pour externaliser certaines
activités ou faire face à un afflux de commandes
peut apporter une certaine souplesse.
Cette initiative semble avoir encouragé les
créateurs : en janvier 2009, on recensait 34 000
créations d’entreprise, soit un bond de 34,5% par
rapport à décembre 20082. Les statisticiens ne nous
précisent cependant pas le pourcentage d’autoentrepreneurs.
Une chose est certaine, l’opération a
suscité l’apparition d’innombrables sites Internet
dédiés à la vente de kits et conseils divers aux futurs
auto-entrepreneurs. Sans doute, une partie des
animateurs de ces sites sont-ils eux-mêmes autoentrepreneurs…
Alors, l’auto-entreprenariat n’est-il qu’un gadget de
plus ou la solution miracle qui va nous sortir de la
crise ? Sans doute ni l’un ni l’autre, seulement une
formule simple et utile à certaines catégories
d’entrepreneurs. Quant aux autres, il leur faudra
sans doute encore attendre un certain temps pour
se voir soulager des contraintes administratives
excessives.
Sommaire numéro n°37
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