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CONSEIL

L’IMPACT de la crise sur les PME

Revue PME Acquisitions d'Entreprises n°38 - Juin - Juillet - Aout 2009

L'impact de la crise financière internationale sur l'économie réelle risque d'être particulièrement sensible pour les PME. Elles connaîtront des difficultés en termes de résultats qui auront un impact direct sur l'emploi. Conseils de spécialistes.

Le cabinet Orrick Rambaud Martel est spécialisé en financements, en fusions-acquisitions, en droit boursier, en immobilier, en concurrence ainsi qu’en contentieux. Le cabinet, qui réunit plus de 100 avocats à Paris, propose une forte valeur ajoutée dans des opérations innovantes comme dans des contentieux complexes. Il bénéficie de l’organisation et du support d’Orrick, Herrington & Sutcliffe LLP, cabinet d’avocats international d’origine américaine, avec plus de mille avocats répartis sur trois continents. Bertrand Delafaye et Véronique Roualet sont associés du cabinet Orrick Rambaud Martel, et membres du groupe Corporate. Ils sont spécialisés dans les opérations de fusions-acquisitions ainsi que dans la mise en place de joint-ventures.

Quel impact la crise a-t-elle sur les PME ?

Véronique Roualet : Les PME ne sont pas toutes frappées de la même façon.L’impact de la crise varie en fonction de la taille, du secteur d'activité, de la zone géographique d’exposition de l’entreprise concernée.

Par quels moyens peuvent-elle s’en sortir ?

VR : Parce que plus nombreuses, les petites PME paraissent plus touchées que les grosses et les moyennes. Pour s’en sortir, ces petites structures ont intérêt à rétablir leur capacité d’autofinancement et récupérer des liquidités générées par leur activité. Elles doivent travailler sur les zones d’étranglement et intervenir notamment bien en amont, en passant chaque poste au crible : maîtrise du coût des matières premières, construction d’une politique d’achats précise, rationalisation des relations avec les fournisseurs et négociation des prix…

Bertrand Delafaye : Beaucoup de PME étant dans des situations de dépendance, il demeure compliqué de renégocier les prix. Il convient donc d’adopter une attitude proactive. Et en cela, la crise a un côté positif dans la mesure où elle incite les patrons de PME à avoir une attitude ferme et offensive.Un exemple : il ne faut pas hésiter à tenter de renégocier les baux commerciaux,même en cours de route, en demandant, par exemple, l'absence d'indexation du bail.

VR : Les PME doivent également travailler sur la masse salariale, ce qui requiert d’optimiser l’occupation des salariés et, potentiellement, de revoir les postes de travail. Des salariés aux postes de maintenance peuvent, par exemple, très bien réaliser une autre activité. Les PME utilisent d'avantage leur personnel en CDI en réallouant les ressources à des postes à plus forte valeur ajoutée et diminuent le recours à l’intérim (la diminution des postes d’intérimaires permet ainsi de faire baisser les importantes charges qui leur sont associées). Dans tous les cas, il faut veiller à éviter les conflits et, pour ce faire, entretenir le dialogue avec le personnel ou avec les représentants syndicaux s’il y en a.

Comment peuvent-elles faire rentrer de la trésorerie pour éviter de passer par l’emprunt ?

VR : Une PME en difficulté doit travailler sur les postes immobilisés. Par exemple, elle peut vendre ou louer ses immeubles et pourquoi pas devenir locataire de son propre local vendu à un tiers : cette solution, qui s’appelle le « sale and lease back » (vente et location de retour), lui permet de faire rentrer de la trésorerie. Elle est utilisée aussi bien dans les grands groupes que dans les grosses PME. Un dirigeant peut également renégocier sa dette avec son banquier.Tout dépend de la situation de l’entreprise vis-à-vis de l’organisme financier : si c’est un client fidèle et que l’état de sa gestion financière est sain, c'est bien entendu plus aisé.

BD : D’ailleurs, si le banquier croit en son client et au potentiel de son entreprise, il a tout intérêt à le faire. Mais les banques restent frileuses car il y a encore un manque de liquidité sur le marché.

Certaines PME s’en sortent-elles mieux que d’autres ?

BD :Oui. Par exemple, celles intervenant dans le secteur de l’éolien qui a le vent en poupe ou celui des services à la personne qui se porte plutôt bien.

Et en province ?

VR : La crise peut aggraver des difficultés régionales existantes, mais il y a davantage de problématiques liées aux secteurs d’activité que de problématiques régionales. Ainsi, beaucoup de sous-traitants de l’automobile sont touchés par la crise de ce secteur.

BD : Et c'est peut-être pour cette raison qu'on peut observer une différence entre les PME basées à Paris et celles qui sont installées en province : les premières sont concentrées essentiellement sur le tertiaire tandis que les secondes sont majoritairement tournées sur l’industrie, ce qui les rend plus exposées à la crise, quoique que celle-ci puisse toucher de manière importante certains secteurs du tertiaire.

Comment les PME peuvent-elles anticiper ?

BD : Ce n'est pas qu'elles peuvent mais qu'elles doivent anticiper. Un exemple de solution possible pour réagir en amont : mettre en place des partenariats (ou des joint-ventures) pour partager les coûts et les risques avec une autre entreprise (et bien entendu dans ce cas généralement les profits ou les pertes) et, dans le même temps, augmenter sa surface commerciale ou de production. Par ailleurs, en cas de défaillance, la loi de sauvegarde, qui a été récemment réformée, a effectivement cet objectif premier d'anticiper et de résoudre les difficultés des entreprises. La réforme a rendu la procédure de sauvegarde des entreprises plus flexible. Dès les premières alertes, avant qu'apparaissent les difficultés, il est recommandé de se faire assister par des conseils et de se mettre sous la protection de la loi.

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